Sécurité alimentaire: Alia Maheva BONGO ONDIMBA à coeur ouvert

 Sécurité alimentaire: Alia Maheva BONGO ONDIMBA à coeur ouvert

L’alimentation de rue est devenue un mode de consommation grandissant au Gabon. Ce qui nécessite une opération d’assainissement des petits restaurants afin de les arrimer aux bonnes pratiques d’hygiène.

C’est dans ce contexte que la Directrice Générale de l’Agence Gabonaise de Securité Alimentaire Alimentaire (AGASA) a accordé un entretien à notre rédaction pour mieux éclairer l’opinion sur la campagne de sensibilisation lancée le mois dernier.

Journaliste: Bonjour Madame la Directrice et merci de nous recevoir chez vous.

Alia Maheva BONGO ONDIMBA(AMBO): Bonjour à vous.

Journaliste: Vous êtes Directrice de l’AGASA, Cette Agence vient de conduire un gros projet de sensibilisation, est-ce que vous pouvez revenir sur la teneur de cette sensibilisation ?

AMBO: LA campagne lancée est appelée “mangeons dehors, mangeons propre”. L’idée est partie du concept selon lequel on a tous vu la prolifération de tous ces aliments vendus sur la voie publique, et il était important selon nos missions, de protéger la santé du consommateur, d’encadrer les opérateurs économiques. Depuis que j’ai été nommée à ce poste, je m’inscris dans une démarche de sensibilisation, d’éducation, de formation plutôt qu’une démarche de répression. C’était évident pour nous de former ces gens qui n’étaient peut-être pas outillés, mais bienveillants et qui avaient besoin qu’on leur explique quelles sont les règles en matière d’hygiène, de conservation, de manipulation de la denrée et aussi de fabrication.

Journaliste: Quelques temps après cette campagne,quel état de lieu peut-on faire aujourd’hui quant à la recevabilité de cette dernière auprès des opérateurs ?

AMBO: Je tiens à dire que nous étions nous-mêmes agréablement surpris par l’ampleur qu’à prise la campagne. On a eu l’engouement des opérateurs,ils étaient tous confondus, vendeurs de coupé-coupé, de gâteaux,etc. C’est près de 1500 acteurs que nous avons formé et ça c’était la première phase. Il fallait expliquer les règles de bonnes pratiques d’hygiène et les bonnes pratiques de fabrication.
Cet encadrement a été fait par des cours théoriques et pratiques qui nous ont permis d’évaluer aussi qu’on mettait à leur disposition. On s’est adapté avec des modules de ceux-là qui ne savaient pas lire ni écrire, des quizz pour voir qui s’appropriait les notions. Et c’est au sortir de là que nous avons pu leur délivrer des certificats de formation, et aussi leur distribuer des kits d’équipement de protection (gants,charlotte,tablier, etc) leur permettant de travailler sur l’environnement.

Journaliste: Finalement Madame vous avez fait un tour d’horizon dans la capitale, est-ce que vous avez sillonné tous les arrondissements ?

AMBO: Oui! On est vraiment allé au plus près des opérateurs. Les communes d’Akanda, Libreville et Owendo ont été touchées avec tous les arrondissements qu’elles regorgent. Au préalable on avait lancé le recensement des opérateurs, ce qui a permis qu’on aille quartier par quartier. Et le fait que nous soyons accompagnés par les médias a permis de ramener bon nombre de personnes dans les arrondissements.
La deuxième phase qui va commencer la semaine prochaine est celle de déployer les équipes de l’AGASA sur le terrain pour les accompagner dans cette mise aux normes. Il est important de noter que l’AGASA avant de délivrer un agrément sanitaire prend en compte l’environnement dans lequel ils exercent. Les consommateurs seront heureux de voir que chaque chose a changé au fur et à mesure de l’évolution, et dans six mois on procédera à la phase de contrôle.

Journaliste: Que prévoyez-vous dans ce cadre pour les opérateurs qui ne répondront pas à vos exigences même sur le plan structurel? Est-ce qu’elles vont disparaître ?

AMBO: Oui! C’est important qu’on ne fasse pas d’effet d’annonces comme le veut le Chef de l’Etat. Il voudrait que les populations ressentent les effets bénéfiques des politiques que nous mettons en place. Donc indéniablement il y’a des structures qui vont être fermées parce que notre rôle n’est pas de faire dans la complaisance. Nous estimons que tout le monde a le droit de manger dehors mais de façon saine. Si un opérateur refuse de coopérer il est important de faire intervenir les sanctions et arriver à la fermeture des points non agréés.

Journaliste: Madame, il s’agit là d’un projet plein d’enjeux. La province de l’Estuaire a également une autre commune qui a manqué à cet appel, celle de Ntoum. C’est un carrefour où les voyageurs stationnent pour manger. Est-ce que dans votre plan cette commune devrait être touchée par la sensibilisation ?

AMBO: Justement. Il faut déjà dire que l’AGASA existe depuis peu sur l’étendue du territoire. On a la fierté de pouvoir dire qu’on a ouvert le point AGASA Ntoum-Kango- Cocobeach cette année. Ce que nous avons commencé dans l’Estuaire va s’étendre dans les huit autres où nous avons des délégations provinciales,et qui sont actuellement dans la phase recensement des opérateurs et de sensibilisation sur ce qui va se faire.

Journaliste: Alors, passer par la pédagogie et non la chicotte,est-ce que cela vous semble être aujourd’hui une mesure qui vise à fédérer le plus de personnes par leur propre volonté? Et cela permet-il d’atteindre les objectifs escomptés ?

AMBO: Je pense que c’est une approche qui est différente. Beaucoup de gens sont déconnectés aujourd’hui des réalités ou des politiques que nous mettons en place parce qu’ils ne sont pas touchés par le coeur, ils ne sont pas fédérés ni sensibilisés. C’est vrai qu’on a le pouvoir de sanctionner avec l’appui des textes, mais pour fédérer le maximum de personnes il n’ya rien de tel que de leur expliquer ce qu’on attend d’eux. On doit les amener à comprendre que manipuler les aliments et l’argent sans se laver les mains est une contamination croisée pour la personne qui va manger. Donc je m’inscris plus dans cette logique et dans cette démarche plutôt que celle de la chicotte ou du pouvoir à tout prix.

Journaliste: Cette mission qui a été la votre sur le terrain est un peu similaire à celle que mène régulièrement la mairie centrale dans nos quartiers. Quels rapports entretenez-vous avec cette institution pour l’aboutissement de cette opération sans amener les opérateurs à la confusion ?

AMBO: Je pense que c’est une franche collaboration dans laquelle on s’inscrit avec la mairie, malgré les choux gras que nous avons fait dans les médias dernièrement. Le Chef de l’Etat Ali BONGO ONDIMBA en créant l’AGASA a doté cette dernière de certaines missions, celles de chargée de la sécurité alimentaire et phytosanitaire du pays, protéger la santé des consommateurs. Aujourd’hui notre devoir c’est d’accompagner les opérateurs spécifiquement avec des personnes formées dans ce domaine. On ne peut pas être en confrontation avec le maire parce que les textes ne l’amènent pas à faire des mesures correctives mais plutôt à faire de la répression de fraude,ou estimer que l’hygiène dans un environnement n’est pas sain.

Nous sommes une agence technique outillée pour accompagner les opérateurs dans ce qu’ils font au quotidien sur l’alimentation. On a un ministère de tutelle, c’est celui de l’agriculture, de l’élevage,de la pêche et de l’alimentation. Donc nous exécutons les politiques publiques plus larges que la mairie qui, elle, est connectée au ministère de l’Intérieur. On est juste là pour travailler main dans la main, en étroite collaboration pour le bien des populations.

Journaliste: Nous sommes au terme de notre entretien, quel message lancez-vous aux populations ?

AMBO: Je tiens à dire que la sécurité alimentaire c’est l’affaire de tous. Chacun de nous doit avoir cette prise de conscience, l’opérateur et le consommateur, car chacun a sa part de responsabilité. C’est ensemble que nous pourrons changer les lignes de la sécurité alimentaire au Gabon.

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Laurenne M.

Laurenne M.

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1 Commenter

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  • Tout ce que vous dites est bien mais l heure ici au Gabon n est plus de bien manger mais de manger. Pour ma part je pense qu il faut d abord voir le problème de chômage au Gabon, puis revenir aux bonnes habitudes alimentaire personne ne veut mal se nourrir mais lorsqu on a pas de choix il y a de quoi se limiter a ce que l on a.
    Permetez moi de laisser mon cv prochainement
    Merci

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