Fête des Cultures: le Gabon renoue avec ses racines après huit ans d’interruption

Après huit années d’interruption, la Fête des Cultures signe son grand retour au Gabon. La 15ᵉ édition de ce rendez-vous culturel se tient du 21 au 23 août 2026 sur l’esplanade de l’avenue Jean-Paul II, à Libreville, autour du thème « La réappropriation de nos valeurs culturelles ». Le Sénégal, pays invité d’honneur, apporte à cette célébration une dimension d’ouverture et de dialogue entre les peuples africains.

Une vue de la parade culturelle

 

Pour cette première journée, la culture gabonaise s’est exprimée dans toute sa diversité à travers une grande parade culturelle. Tour à tour, plusieurs groupes ont défilé, donnant à voir les rites, les danses, les costumes et les expressions traditionnelles qui caractérisent les différentes communautés du Gabon.

Cette succession de prestations a offert au public une véritable immersion dans le patrimoine culturel national. Derrière chaque danse, chaque rythme et chaque costume, c’est une partie de l’histoire des peuples du Gabon qui a été mise en lumière.

 

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du Vice-Président de la République, Alexandre Barro Chambrier, représentant le président de la République, ainsi que de membres du gouvernement, de représentants diplomatiques et de nombreux invités. Le Vice-Président a notamment appelé les jeunes générations à s’approprier cet événement et à en faire un facteur de cohésion nationale et d’ouverture aux autres cultures.

 

Le choix du thème «La réappropriation de nos valeurs culturelles» prend tout son sens dans un contexte où les mutations sociales, la mondialisation et l’influence croissante des cultures extérieures peuvent progressivement éloigner les nouvelles générations de leur patrimoine. Se réapproprier sa culture ne signifie pas simplement revivre le passé. Il s’agit de connaître son histoire, comprendre ses traditions, valoriser ses langues, ses rites, ses savoir-faire, sa musique, sa danse et sa gastronomie, afin de pouvoir les transmettre aux générations futures.

 

La réappropriation suppose donc une démarche consciente: savoir d’où l’on vient pour mieux construire ce que l’on veut devenir. Comme l’a souligné le ministre chargé de la Culture, Paul Ulrich Kessany: le retour de la Fête des Cultures doit permettre aux Gabonais de retrouver une partie de notre histoire, de notre âme et de considérer les traditions comme une richesse que nous pouvons faire évoluer.

 

La diversité culturelle du Gabon constitue l’une de ses grandes richesses. Les différentes communautés, avec leurs particularités linguistiques, artistiques et traditionnelles, participent à la construction d’une même identité nationale.

La Fête des Cultures offre ainsi un espace où cette diversité peut être montrée non comme une source de division, mais comme une force collective. La parade de cette première journée en a donné une illustration concrète : plusieurs identités culturelles se sont succédé, chacune avec ses codes et ses expressions, mais toutes réunies sous le même drapeau.

Dans cette perspective, la culture devient un véritable outil de cohésion sociale. Elle permet aux Gabonais de mieux se connaître, de respecter leurs différences et de prendre conscience de ce qui les rassemble.

 

Le choix du Sénégal comme pays invité d’honneur vient renforcer cette dimension d’ouverture. Au-delà de la célébration du patrimoine gabonais, la Fête des Cultures constitue également un espace de dialogue avec les autres peuples africains.

La présence sénégalaise permet ainsi de confronter les expériences, de découvrir d’autres expressions culturelles et de rappeler que chaque peuple peut préserver son identité tout en restant ouvert aux autres.

Cette rencontre entre les cultures gabonaise et sénégalaise donne à l’événement une portée qui dépasse le simple cadre festif : elle participe au rapprochement entre les peuples et à la valorisation du patrimoine africain.

 

 

Après huit ans d’absence, le retour de la Fête des Cultures constitue donc bien plus qu’un simple événement de divertissement. Il représente une occasion de réhabiliter la culture dans l’espace public, de transmettre les savoirs et de redonner aux traditions leur place dans la construction de l’identité nationale.

L’enjeu sera désormais de faire de cette renaissance un rendez-vous durable, capable d’impliquer davantage les jeunes, les artistes, les communautés, les artisans, les chercheurs et les acteurs culturels.

Car se réapproprier ses valeurs culturelles, c’est aussi faire en sorte qu’elles ne restent pas enfermées dans les musées ou dans les souvenirs des générations anciennes. Elles doivent continuer à vivre, à évoluer et à être transmises.

 

Après huit années de pause, la 15ᵉ édition ouvre ainsi une nouvelle page: celle d’un Gabon qui célèbre sa diversité pour mieux affirmer son identité et construire son avenir.

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