Eglise: l’importance de retrouver le chemin de la consécration

Dans une société en quête de repères, l’Eglise est appelée à prendre toute sa responsabilité. Mais avant de vouloir transformer le monde qui l’entoure, elle doit être capable de regarder en elle-même, car une Eglise responsable est d’abord une Eglise consacrée.

 

 

La question de la consécration apparaît ainsi comme une urgence spirituelle. La consécration c’est se mettre à part pour Dieu. C’est accepter de ne plus vivre uniquement selon ses propres intérêts, c’est accepter de se soumettre à la volonté de Dieu.

Il ne s’agit donc pas simplement de multiplier les cultes, les programmes, les rassemblements ou les prédications. Il s’agit de revenir à l’essentiel: une vie entièrement consacrée à Dieu, fondée sur sa parole et manifestée par des actes.

L’apôtre Paul exhorte ainsi les croyants: <Offrez vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu> (Romains 12:1). Cette parole ne concerne pas uniquement les responsables d’églises. Elle interpelle l’ensemble du Corps de Christ. La responsabilité de l’Eglise commence par son propre état spirituel. Elle ne peut durablement dénoncer les maux de la société tout en refusant de regarder ses propres faiblesses.

Les divisions, les rivalités, les ambitions personnelles, les querelles de leadership, le manque de solidarité ou encore certains compromis avec les valeurs du monde sont autant de réalités qui doivent conduire l’Eglise à l’introspection. Il faut renoncer à soi-même, renoncer à ses désirs personnels, car la consécration exige une véritable repentance.

 

La Bible pose une exigence claire: <Examinez-vous vous-mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi> (2 Corinthiens 13:5). Cet examen ne doit pas être perçu comme une condamnation, mais comme une invitation à revenir à Dieu, revenir à la prière et à la sainteté. Car la restauration collective commence souvent par une repentance individuelle.

La consécration suppose un retour aux fondements de la foi chrétienne. Une Eglise responsable est une Eglise qui prie. Une Eglise qui étudie la Parole. Une Eglise qui recherche la sainteté. Une Eglise qui ne se contente pas de parler de Dieu, mais qui cherche véritablement à connaître sa volonté.

Dans le livre de Jean 15:5 il est ecrit: <Sans moi vous ne pouvez rien faire.> Cette parole devrait inviter l’Eglise à mesurer la place qu’elle accorde réellement à Dieu dans son fonctionnement. La puissance de l’Eglise ne réside ni dans ses bâtiments, ni dans son nombre, ni dans sa visibilité. Elle réside d’abord dans sa dépendance à Dieu.

 

Dans un environnement où les populations observent les institutions religieuses, où ces mêmes populations n’attendent qu’une moindre occasion pour discréditer l’Eglise, le témoignage de cette dernière doit être palpable. Il ne se construit plus seulement derrière une chaire. Il se construit dans les comportements quotidiens.

Comment parler de justice si l’injustice existe au sein des communautés chrétiennes? Comment prêcher l’amour si les frères et sœurs se combattent? Comment appeler au pardon tout en entretenant les rancœurs et des accusations? Comment dénoncer la corruption tout en fermant les yeux sur certaines pratiques ?

 

Le monde n’attend pas seulement de l’Eglise des discours. Il attend également de voir une différence. Il attend la révélation des Fils de Dieu. Et cela passe par une véritable consécration, une véritable repentance.

Une Eglise responsable ne peut rester indifférente aux réalités de son environnement. La précarité, la solitude, la détresse des familles, les difficultés de la jeunesse, les personnes vulnérables et toutes les formes de souffrance doivent interpeller le Corps de Christ.

<Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ> (Galates 6:2). Cette responsabilité ne signifie pas que l’Eglise doit se substituer aux pouvoirs publics ou aux autres acteurs de la société. Elle signifie que l’Eglise doit assumer sa part, celle d’écouter, enseigner, accompagner, secourir, conseiller, former et relever.

 

L’un des grands défis auxquels l’Eglise doit également faire face est celui de la division.

Lorsque les communautés chrétiennes se regardent comme des concurrentes, lorsque les serviteurs de Dieu se combattent davantage entre eux plus qu’ils ne combattent le mal, c’est le témoignage collectif qui en souffre.

L’unité ne signifie pas uniformité. Elle signifie reconnaître que, malgré les différences de dénominations, de sensibilités ou de ministères, l’Eglise demeure un seul Corps.

 

L’heure n’est peut-être plus seulement aux grandes déclarations. Elle est au retour à l’essentiel. L’Eglise au niveau général, a une responsabilité spirituelle, morale et sociale. L’Eglise du Gabon en particulier, est appelée à être une lumière, un refuge, une voix prophétique et un modèle de solidarité au sein de la nation. Mais pour jouer pleinement ce rôle, elle doit accepter de se consacrer davantage à Dieu.
La consécration exige parfois de renoncer à certaines habitudes, de demander pardon, de restaurer des relations, de fermer certaines portes et de replacer Dieu au centre.

<Si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s’humilie, prie, cherche ma face, et s’il se détourne de ses mauvaises voies, je l’exaucerai des cieux, je lui pardonnerai son péché, et je guérirai son pays> (2 Chroniques 7:14).

Ce verset ne doit pas seulement être récité dans nos programmes de prière. Il doit devenir une véritable démarche, et même un état d’esprit.

 

Retrouver le chemin de la consécration

L’Eglise n’a pas besoin uniquement de plus de visibilité. Elle a besoin de profondeur. Elle n’a pas seulement besoin de plus de rassemblements. Elle a beaucoup plus besoin de communion avec Dieu. Elle a besoin de vies qui témoignent. La question n’est donc plus seulement de savoir quelle place l’Eglise occupe dans la société, mais quelle place Dieu occupe réellement dans l’Eglise.

 

Le temps est peut-être venu de revenir à l’essentiel: prier davantage, aimer davantage, servir davantage, pardonner davantage, vivre dans la sainteté et rechercher véritablement la volonté de Dieu.

Car une Eglise consacrée n’est pas une Eglise parfaite. C’est une Eglise qui accepte continuellement de se laisser corriger, transformer et conduire par Dieu.

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