Le 9 août de chaque année, le Gabon célèbre la journée du Drapeau. Au-delà des cérémonies officielles, des couleurs nationales hissées dans les administrations, les quartiers et les espaces publics, cette journée constitue un moment privilégié pour interroger ce que signifie réellement être attaché à sa nation.
Le drapeau gabonais, vert, jaune et bleu est bien plus qu’un emblème. Il représente une histoire, un territoire, un peuple et une aspiration collective. Mais il prend tout son sens lorsqu’il est associé aux paroles de l’hymne national, « La Concorde », qui rappelle à chaque citoyen les valeurs sur lesquelles doit reposer la construction du Gabon.
Dans une société où les différences d’opinions, d’origines, de générations ou de sensibilités peuvent parfois nourrir les divisions, le drapeau doit apparaître comme une nécessité nationale. Comme il est mentionné aux premiers mots de l’hymne national <unis dans la Concorde>, cela ne signifie pas penser de la même manière ou être parfaitement en accord les uns avec les autres. Ces mots supposent plutôt la capacité à faire passer l’intérêt général avant les querelles personnelles, les ambitions individuelles qui fragilisent la communauté nationale.
Le Gabon ne peut véritablement avancer que si ses filles et ses fils comprennent que leurs différences peuvent devenir une richesse plutôt qu’un motif de confrontation. Chacun apporte sa part à l’édifice.
L’enseignant qui transmet le savoir, le médecin qui soigne, le fonctionnaire qui sert avec intégrité, le journaliste qui informe avec responsabilité, l’entrepreneur qui crée des emplois, l’agriculteur qui nourrit le pays, le jeune qui se forme et innove: tous participent à leur manière, et c’est ce qui constitue l’éveil national.
La fierté nationale ne devrait cependant pas être réduite à l’émotion ressentie lorsque le drapeau flotte au vent ou lorsque l’hymne retentit. Etre fier du Gabon, c’est aussi respecter ses institutions, préserver son environnement, protéger ses biens publics, valoriser ses ressources, honorer son histoire et croire dans les capacités de son peuple.
Aimer son pays ne signifie pas fermer les yeux sur ses insuffisances. Au contraire, le véritable patriotisme doit donner le courage de dénoncer ce qui doit l’être, mais aussi la volonté de contribuer aux solutions.
Le vert, le jaune et le bleu qui composent le drapeau gabonais sont aujourd’hui omniprésents. Mais que valent ces couleurs si elles ne parviennent pas à unir ceux qui les portent ?
Le drapeau ne devrait pas seulement être accroché aux façades des bâtiments publics à l’occasion des grandes célébrations. Il devrait également vivre dans les comportements quotidiens. Extirper le mépris des uns envers les autres.
Respecter le drapeau, c’est respecter la nation c’est respecter son prochain, ses biens, ses lois et son environnement. C’est refuser la corruption lorsqu’elle détruit l’intérêt collectif. C’est accomplir son travail avec sérieux. C’est payer ce qui doit être payé, protéger ce qui appartient à tous et transmettre aux générations futures un pays meilleur que celui que nous avons reçu.
Sans amour ou don de soi, que reste-t-il lorsque la cérémonie est terminée ? C’est est probablement la routine. Revenir à nos vieilles habitudes et attendre la prochaine journée du Drapeau.
La Fête du Drapeau est finalement une invitation à faire vivre les symboles de la République au-delà des cérémonies.
Le Gabon dispose d’une identité forte, d’une richesse culturelle considérable, d’un patrimoine naturel exceptionnel et d’une jeunesse porteuse d’espoir. Mais aucune richesse matérielle ne peut suffire si la cohésion nationale et le sens de l’intérêt général s’affaiblissent.
Le véritable défi est donc de transformer le patriotisme émotionnel en patriotisme d’action. Un patriotisme qui se manifeste dans le travail, l’honnêteté, la solidarité, le respect de la chose publique, la préservation de l’environnement, l’éducation des générations futures et la volonté de faire progresser collectivement le pays.
En cette journée du Drapeau, le Gabon célèbre ses couleurs. Mais il célèbre surtout ce qu’elles représentent: une nation, une histoire et un destin commun.
Pensons y!
Laurenne MAMBA

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