A l’approche de la fête nationale du 17 Août, les villes d’Oyem et de Mitzic font face à une situation qui suscite colère, incompréhension et désarroi au sein des populations. Depuis plusieurs semaines, les délestages intempestifs perturbent le quotidien des ménages, des commerçants et des activités économiques, faisant planer une inquiétude grandissante à quelques jours des célébrations de l’Indépendance.
A Oyem comme à Mitzic, les coupures d’électricité sont devenues récurrentes. Dans plusieurs quartiers, les populations voient leur quotidien rythmé par des délestages dont la durée et la fréquence suscitent de nombreuses interrogations.
Cette situation devient d’autant plus préoccupante que les festivités commémorant la fête nationale approchent à grands pas. Une question s’impose alors: comment les populations d’Oyem et de Mitzic pourront-elles célébrer sereinement le 17 Août si elles restent confrontées à une fourniture irrégulière d’électricité ?
Au-delà de l’inconfort domestique, ces coupures ont des conséquences importantes sur la vie économique et sociale. Les petits commerces fonctionnant grâce à l’électricité sont pénalisés, les activités nocturnes fortement perturbées, tandis que certains équipements électriques peuvent subir des dommages. Les familles, elles, sont contraintes de vivre dans l’incertitude, sans véritable visibilité sur le retour du courant.
Pour les commerçants, restaurateurs, artisans et autres acteurs économiques, chaque coupure représente également un manque à gagner. Dans des villes où l’activité économique repose largement sur les petites entreprises et les commerces de proximité, la disponibilité de l’électricité constitue un enjeu essentiel.
Le plus inquiétant demeure cependant le silence qui entoure cette situation. Les populations d’Oyem et de Mitzic attendent des explications claires sur l’origine de ces perturbations, leur durée et surtout les mesures envisagées pour y remédier.
Le silence nourrit naturellement la frustration et donne le sentiment que les difficultés quotidiennes des citoyens ne sont pas suffisamment prises en considération.
A l’heure où le pays engage son histoire avec la Cinquième République, Oyem et Mitzic méritent-elles une telle situation ? Les populations du Woleu-Ntem doivent-elles continuer à subir des délestages prolongés alors qu’elles aspirent, comme toutes les autres populations du pays, à des services publics fiables et à des conditions de vie dignes ?
La Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) doit, à cet égard, sortir du silence et communiquer avec les populations. Il ne s’agit pas seulement de rétablir l’électricité, mais également d’expliquer, de rassurer et de rendre compte. Les citoyens ont le droit de savoir pourquoi ils sont privés d’un service aussi essentiel et quelles dispositions sont prises pour garantir une alimentation électrique plus stable.
La fête de l’Indépendance devrait être un moment de rassemblement, de fierté et de célébration nationale. Elle ne saurait être vécue sous le signe de l’obscurité, de l’angoisse et de la frustration.
Oyem et Mitzic n’exigent pas un privilège. Leurs populations demandent simplement le respect de leurs droits et l’accès à un service public à la hauteur des ambitions de la nouvelle République.
Le Woleu-Ntem rayonne par sa culture, ses traditions et sa diversité. Il est temps que cette lumière culturelle soit accompagnée d’une lumière bien réelle dans les foyers, les rues, les commerces et les villages.
A quelques jours du 17 Août, la question demeure entière: quand la lumière reviendra-t-elle durablement à Oyem et à Mitzic ?
Louis-Marie Madegha

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