Dr Iloko Bousséngui s’étonne que le PDG s’acoquine avec le CTRI

La majorité a supprimé leur portrait avec l’ancien président Ali Bongo comme photo de profil sur WhatsApp, quand d’autres ont déjà tourné la page et affichent désormais celui de Brice Clotaire Oligui Nguema, son tombeur. Au Gabon, les cadres du Parti démocratique gabonais (PDG), désormais sans chef se tournent vers le président de la transition. Dr Stéphane Germain Iloko Bousséngui, baron de l’ancien parti au pouvoir, haut membre de la Plateforme Ensemble pour le Gabon, dénonce <une comédie> entretenue entre le PDG et le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI).

 

Hier aux affaires, le PDG doit se réinventer pour survivre à la suite du coup d’Etat du 30 août 2023. Dans l’incertitude après la perte du pouvoir, pour s’éviter un sombre destin, le parti a commencé à remobiliser ses militants tout en se déclarant disposé à accompagner et soutenir le CTRI.

En s’accordant avec l’organe militaire qui gère le pouvoir avec les civils (CTRI) pour ne pas périr, le PDG se place en allié du nouveau pouvoir. Trahisant au passage le fils du fondateur du parti, Ali Bongo le président déchu.

« C’est incroyable ! On vous arrache le pouvoir et le lendemain vous venez prêter allégeance à celui qui vous l’a arraché. C’est comme quelqu’un a qui on a arraché la femme et qui félicite et demande à travailler avec celui qui lui a pris sa femme ! C’est incroyable », s’étonne Dr Stéphane Germain Iloko Bousséngui.

 

Pour le natif de Mimongo, département de l’Ogoulou dans la Ngounié (sud du Gabon), fragilisé par sa perte du pouvoir, divisé autour des personnalités capables d’incarner une relève, le PDG devrait apprendre à devenir une formation d’opposition, une situation nouvelle que de nombreux cadres du parti appréhendent avec la crainte de sombrer dans la précarité.

 

Les Gabonais en ont froid dans le dos et se demandent si le président Brice Clotaire Oligui Nguema n’est pas en train d’ouvrir la boîte de Pandore depuis que la nouvelle leur est officiellement parvenue. Le parti politique de l’ancien dictateur gabonais Ali Bongo Ondimba a annoncé se tenir prêt à soutenir les nouvelles autorités, jetant un doute sur la volonté de suspendre le PDG ainsi que ses partis politiques alliés. De même, les principaux responsables de l’ancien parti unique qui ont été proposés à l’inéligibilité dans le pays pendant trois ans.

 

Pierre Parfait Mbadikumbe

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