Alors que le ministère de l’Education Nationale a rendu publiques les orientations des élèves admis en classe de 6ᵉ sur l’ensemble du territoire depuis le 08 août dernier, la publication des listes suscité de nombreuses réactions à Libreville surtout. Plusieurs parents dénoncent des orientations qui, selon eux, ne correspondent pas aux choix d’établissements exprimés sur les fiches de voeux de leurs enfants. Une situation qui soulève des interrogations sur les critères ayant conduit à ces affectations.
Le passage du primaire au secondaire constitue toujours une étape importante dans le parcours scolaire d’un enfant. Pour les parents, le choix du collège ou du lycée n’est pas anodin. Il tient souvent compte de la proximité géographique, des conditions d’apprentissage, de la réputation de l’établissement, des moyens de transport ou encore de la capacité financière des familles.
Cette année encore, les parents ont été invités à formuler des choix d’établissements pour leurs enfants. Mais à la découverte des résultats, nombreux sont ceux qui disent ne pas comprendre les orientations retenues.
A Libreville, le mécontentement semble particulièrement important. Selon plusieurs témoignages recueillis auprès des parents, les établissements sollicités lors des vœux ne correspondent pas, dans de nombreux cas, à ceux finalement attribués aux élèves. Pour certaines familles, la question n’est donc pas simplement celle de l’établissement obtenu, mais celle de la compréhension du processus d’orientation.
Pourquoi demander aux parents de formuler plusieurs choix si ceux-ci ne sont finalement pas pris en compte? Quels critères ont été privilégiés dans l’affectation des élèves? La proximité du domicile? Les capacités d’accueil des établissements? Les résultats scolaires? Le nombre de places disponibles ? Ou une combinaison de plusieurs facteurs ?
Voici des interrogations qui méritent des réponses claires. Mais à la place, le Secrétaire Général dudit ministère a pondu un communiqué datant du 10 août demandant aux parents de faire des transferts à partir de deux points essentiellement: sur le changement d’habitation et le transfert des établissements privés vers les publics.
Une affectation scolaire peut avoir des conséquences concrètes sur la vie quotidienne d’une famille. Derrière une orientation il y a des réalités familiales. Un enfant orienté dans un établissement situé loin de son domicile peut entraîner des frais supplémentaires de transport, des temps de trajet plus longs et parfois des difficultés d’organisation pour les parents qui travaillent.
Pour certaines familles, l’orientation vers un établissement qui ne figurait pas parmi leurs choix peut également remettre en cause une organisation déjà pensée autour de la prochaine rentrée scolaire.
Il ne faudrait donc pas considérer les orientations comme une simple opération administrative. Derrière chaque nom inscrit sur une liste, il y a un enfant, une famille et des contraintes auxquelles l’administration doit être attentive.
Face à la contestation, le ministère de l’Education Nationale gagnerait à communiquer clairement sur les mécanismes ayant conduit aux orientations. Une administration publique ne peut pas seulement publier des listes ou sortir des communiqués. Elle doit également être en mesure d’expliquer les critères utilisés lorsqu’une décision administrative affecte directement les citoyens.
Si les établissements choisis par les parents n’ont pas pu être attribués en raison du manque de places, cela devrait être expliqué. Si d’autres critères ont été retenus, les familles devraient pouvoir les connaître. Cette transparence permettrait d’éviter que les parents interprètent les affectations comme un processus arbitraire ou désordonné.
L’urgence est désormais d’éviter que la contestation ne se transforme en véritable crise à l’approche de la rentrée. Une plateforme ou un guichet dédié aux réclamations, avec des délais précis de traitement, pourrait contribuer à apaiser les tensions.
Il serait également utile que l’administration publie, à l’avenir, les principaux critères d’affectation avant la publication des résultats. Les parents sauraient ainsi à quoi s’attendre lorsqu’ils formulent leurs choix.
Il ne s’agit pas ici de remettre en cause le travail des agents mobilisés pour réaliser les orientations sur l’ensemble du territoire. L’opération est certainement complexe, compte tenu du nombre d’élèves concernés et des capacités d’accueil limitées de certains établissements. Mais la complexité d’une opération administrative ne doit pas devenir une raison pour laquelle les citoyens restent sans explication.
Le ministère de l’Éducation nationale est donc interpellé sur la nécessité de clarifier le processus d’orientation en classe de 6ᵉ, particulièrement à Libreville où le mécontentement exprimé par les parents apparaît important.
Il s’agit de savoir si, dans une administration qui entend promouvoir l’efficacité, la transparence et l’équité, le choix des familles est réellement pris en compte et, lorsqu’il ne peut l’être, si celles-ci sont suffisamment informées des raisons qui ont conduit à une autre décision. Car une orientation scolaire réussie ne devrait pas seulement produire une liste d’élèves affectés. Elle devrait aussi produire de la confiance entre l’administration, les parents et l’école.

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