Gabon/Education nationale: Promesses envolées, enseignants méprisés ?

Ce 25 février devait être une date de soulagement pour bon nombre d’enseignants gabonais. Le gouvernement s’était engagé à traiter leurs dossiers de mise en solde. Une promesse attendue, espérée, presque vitale pour ces professionnels de l’éducation qui, pour certains, cumulent des mois, voire des années d’attente administrative.
Mais à la place des actes, c’est une nouvelle excuse qui est tombée.

 

Le ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong, a déclaré:
« Malheureusement nous avons eu des soucis techniques qui ont fait qu’on n’avait pas le temps matériel de traiter les dossiers de mise en solde prévus en février ».
Des “soucis techniques”.
Encore!!

C’est un éternel refrain au Gabon, lorsqu’il s’agit des enseignants, les retards deviennent presque une tradition administrative. Soucis techniques, problèmes informatiques, contraintes budgétaires, réorganisation interne. Les raisons changent, mais le résultat reste le même, des enseignants laissés pour compte.

 

Comment parler de <manque de temps matériel> lorsqu’il s’agit de dossiers qui engagent la survie financière des familles entières ? Comment expliquer que l’Etat, prompt à réagir sur d’autres priorités notamment les recrutements dans les forces de l’ordre, pour ne citer que ceux-là, se montre si lent lorsqu’il s’agit de rémunérer ceux qui forment les générations futures ? Si ce n’est pas un mépris institutionnalisé qu’est-ce que c’est ?

 

Derrière cette nouvelle annonce, beaucoup d’enseignants voient bien plus qu’un simple contretemps technique. Ils y lisent une forme de mépris car un dossier de mise en solde n’est pas une faveur. C’est un droit.
Un enseignant qui travaille doit être payé. Point.
Pendant que les salles de classe se remplissent, que les programmes sont assurés, que les copies s’empilent, les dossiers, eux, s’empilent aussi dans les tiroirs de l’administration.

 

On exige aux enseignants ponctualité, rigueur et résultats. Mais l’État, lui, peut se permettre d’être en retard. A quel prix ?
Chaque retard a un coût humain: loyers impayés, familles fragilisées, moral atteint. Et après, on s’étonne des grèves, des tensions, de la démotivation dans le système éducatif.

Pendant que le discours officiel parle de contraintes techniques, le terrain, lui, parle de découragement.
Trop, c’est trop!!
Les enseignants sont-ils réellement une priorité nationale ? Ou simplement une variable d’ajustement budgétaire ?

Les mots ne suffisent plus. Les promesses non tenues sapent la confiance. Et à force de repousser l’échéance, c’est toute la crédibilité de l’administration qui s’effrite.
Les enseignants n’attendent pas des excuses.
Ils attendent le respect. Et le respect commence par honorer ses engagements.

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