Le collectif de la 26e promotion de l’Ecole Normale Supérieure(ENS) a tenu un point de presse ce vendredi 08 septembre 2023 devant le ministère de la Fonction Publique pour solliciter urgemment l’intervention du Président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, pour la régularisation de leurs situations administratives. Retrouvez l’intégralité du point de presse lu par le porte-parole de ce collectif, Yves Adzui.

Point de presse du 08 septembre 2023
Ce matin du 08 septembre 2023, nous, Collectif des Enseignants de la 26ème promotion de l’Ecole Normale Supérieure (ENS), venons à travers ce point de presse solliciter urgemment l’intervention du Président du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions, Président de Transition, Chef de l’Etat, Monsieur Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, en vue de la régularisation de nos situations administratives.
En effet, Monsieur le Président, depuis 2021, année marquant la fin de nos formations à l’ENS, nous sommes assis à la maison, c’est-à-dire sans affectations et sans salaires. Cela, en raison de la réforme qui abolit les présalaires et recommande que l’agent public ne soit affecté qu’après avoir été mis en solde. Or, nous sommes pratiquement à trois (3) ans aujourd’hui et nos situations administratives demeurent quasiment incertaines. Trois (3) ans que nous traversons des moments très difficiles, parce que n’ayant pas les moyens de vivre décemment. Trois (3) ans injustement perdus, alors que nous croyions être rapidement mis au service de notre pays. Trois (3) ans soustraits dans notre durée de carrière. Nous considérons comme une injustice cette situation que vit particulièrement notre promotion, du fait qu’aucune autre promotion n’ait auparavant fait trois ans sans être affectée, sans présalaires ou salaires, et donc sans espérer les rappels-solde. Dès lors, nous estimons être sacrifiés par une réforme rétrograde, sacrifice dont la conséquence se solde par des salles de classe vides et des apprenants en manque d’enseignants. Pourtant, l’éducation est un droit fondamental, un puissant vecteur de développement. Comme le disait Nelson MANDELA : « L’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde. »
Aussi, Monsieur le Président, en parlant de mise en solde, nous décrions la lenteur avec laquelle elle se fait et le très faible effectif mis dernièrement en solde. Seulement 97 de nos promotionnaires ont été mis en solde depuis le mois de mars 2023, alors que notre promotion compte plus de 280 enseignants de collèges et lycées. Mais, comment comprendre que pour une même promotion il y ait deux traitements différents ? Sachant qu’il ne nous est certainement pas permis d’espérer les rappels solde, qu’est-ce qui compensera alors l’avance que ces quelques promotionnaires ont sur nous ? Pourtant, l’article 6 de la Loi n° 14/2005 du 08 août 2005 portant code de déontologie de la fonction publique dispose que « toutes les administrations, tous les services et tous les établissements publics doivent observer, à tous les niveaux, l’égalité de traitement de tous les usagers, notamment les personnes se trouvant dans une situation semblable doivent faire l’objet d’un même traitement, sans distinction d’aucune sorte ». Aussi, à l’article 34 de la même loi, il est dit ce qui suit : « Tous les candidats à un emploi public se trouvant dans la même situation doivent faire l’objet d’un même traitement. » L’inobservation de ce principe d’égalité, qui doit régir le service public, est une faute administrative ayant conduit à une autre forme d’injustice commise à notre égard : la partialité et le favoritisme.
Par ailleurs, compte tenu de l’urgence de la rentrée des classes imminente, à l’heure où l’État reconnaît un manque criard d’enseignants dans les collèges et lycées, un traitement diligent de nos situations administratives se pose comme un impératif afin de nous permettre d’être déployés sur le terrain et éviter ainsi l’entame d’une nouvelle année académique assis à la maison. Toute chose qui permettrait de nous émanciper de la précarité subie ces deux dernières années et sortir de l’ornière des misères qui nous accablent.
Monsieur le Président, connaissant votre dynamisme, votre pragmatisme, votre sens du devoir et votre volonté de faire du salaire du Gabonais une priorité, nous savons compter sur vous, afin que nous rentrions dans nos droits et retrouvions par conséquent notre dignité. Car, vous le savez comme nous, un homme qui ne travaille pas ne peut avoir d’argent, et qui n’a pas d’argent perd en quelque sorte sa dignité. Et surtout au moment où notre pays fait des efforts pour lutter contre la vie chère afin de garantir le pouvoir d’achat aux Gabonais, nous voici incapables d’assumer nos besoins élémentaires ainsi que ceux de nos petites familles. Il devient un luxe pour nous de bien nous nourrir et même de nous vêtir. Beaucoup d’entre nous se retrouvent aujourd’hui à mendier, quand d’autres sont insensiblement mis dehors par leurs bailleurs. Sans oublier la tragédie des collègues décédés faute de moyens de prise en charge médicale.
Vous sachant gré et en espérant que les injustices subies et les souffrances ici décrites aient touchées votre sensibilité de père et de patriote, que nos situations administratives soient, sous votre impulsion, réglées dans les plus brefs délais au regard de la particularité de notre promotion, et restant disponibles pour une possible audience que vous voudriez nous accorder, veuillez recevoir, Monsieur le Président, l’expression de notre profonde considération.
Nous vous remercions !

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