Gabon/Maladies rénales: une sensibilisation s’impose

 Gabon/Maladies rénales: une sensibilisation s’impose

Vue du centre d’hémodialyse de Libreville

Le 11 mars de chaque année le monde célèbre la journée du rein. Le thème retenu pour cette édition 2021 est: ” Bien vivre avec une maladie rénale”. Notre rédaction a effectué une visite au Centre Nationale d’Hémodialyse(CNH) de Libreville pour s’imprégner du fonctionnement de ce dernier.

 

A l’occasion de cette journée dédiée au rein, et qui vise à accroitre à la fois l’éducation et la sensibilisation à la gestion efficace des symptômes, et à la responsabilité des patients avec comme objectif ultime d’encourager la participation à la vie, pas même une campagne de sensibilisation de prévu à l’endroit des patients dans ce plus grand centre de dialyse au Gabon. Certainement en raison de la crise sanitaire actuelle et les mesures restrictives. Nous avons néanmoins rencontré le Dr Ingrid Avome Mba, Médecin néphrologue, qui nous a édifié sur les maladies rénales.

“Tout d’abord un néphrologue est un spécialiste de néphrologie, cette spécialité médicale qui s’occupe de toutes pathologies rénales, c’est à dire toutes maladies qui touchent la structure fonctionnelle du rein. Ces dernières sont dites chroniques au bout de trois(3) mois de manifestation. Nous recevons des centaines de malades chaque année, et la plupart d’entre eux arrivent en consultation malheureusement à un stade terminal, donc au stade d’insuffisance rénale. Lorsque celle-ci est sévère, à ce moment là nous sommes obligés de suppléer le rein par la dialyse et la transplantation rénale encore appelée greffe. Ensuite on pratique l’hémodialyse qui consiste à épurer le sang par la création d’un circuit de circulation extra-corporelle”.

Dr Ingrid Avome Mba, Médecin néphrologue

Mais qu’est-ce qui est à l’origine de cette maladie rénale, et comment se manifeste t-elle?

 

Considérée comme une maladie sournoise et très silencieuse, la maladie rénale ne se manifeste cliniquement que lorsqu’elle est dans un état avancé. Selon la spécialiste, les deux principales causes de maladie rénale chronique sont l’hypertension artérielle(HTA) et le diabète. Elles détruisent les petits vaisseaux sanguins qui arrosent le rein et entrainent à la dégradation de celui-ci. C’est l’ignorance des patients sur les signes qui indiquent la préparation d’une maladie rénale qui justifie leur prise en charge tardive. A cet effet, il y a des indices qui doivent nous interpeller. Le gonflement du visage et des jambes, la pression artérielle trop élevée et la présence des protéines dans les urines.

 

Thyphène Leponda Bialla, âgé de 26 ans, est ce patient atteint d’insuffisance rénale depuis 2010 qui a tenu à nous partager son vécu. “On m’a annoncé pour la première fois que je souffrais d’insuffisance rénale en 2009 à l’issu d’un bilan de santé que j’avais fait et ce suite au problème de peau que j’avais à l’âge de 16 ans. Mais mes parents et moi ne savions pas de quoi il s’agissait et on a banalisé les hôpitaux pendant un an. Au bout de cette année, j’ai rechuté avec des vertiges et autres, et à ce moment la maladie c’était dégradée. On m’avait évacué ici pour la dialyse et j’en subis depuis 11 ans déjà. Je vous avoue que c’est pas facile, entre changement de régime alimentaire, dépression, surtout lorsque je me demandais pourquoi cela n’arrive qu’à moi, et pourtant je veux vivre pleinement ma vie comme les jeunes de mon âge…avec le temps je me suis habitué et j’ai le Dieu Tout-Puissant qui me fortifie. J’exhorte à tous ceux qui ne sont pas encore atteints de cette maladie de prendre soin de leur corps, leur santé, toujours faire des contrôles de tension et de glycémie pour éviter des surprises désagréables”.

Tryphène Léponda Bialla, malade d’insuffisance rénale

Il est claire que les maladies rénales constituent un véritable problème de santé publique. 10% de la population mondiale est affectée par une maladie rénale. Les gouvernements et les autorités sanitaires devraient renforcer les connaissances, la confiance des patients dans la gestion de la maladie et aussi améliorer les soins pour une meilleure qualité de vie. Cela permettra à tous de bien vivre avec la maladie rénale.

 

Au Gabon, des campagnes de sensibilisation et de dépistage doivent être multipliées et répandues à travers tous le pays afin d’amener les uns et les autres à prendre des précautions, et pourquoi pas bien s’organiser afin de mieux vivre avec la maladie. Ne disposant que de trois(3) centres d’hémodialyse dans le pays, à Libreville, Oyem et Port-Gentil, l’ouverture d’autres centres dans le reste du pays est nécessaire pour limiter les déplacements vers le centre d’hémodialyse de la capitale qui parfois fait face à l’insuffisance de capacité d’accueil.

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Laurenne M.

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