Avant d’aborder le thème du jour, Bertille Assoumou, presidente de l’ONG Conférence Internationale des Couples (CIC), a présenté les missions de leur organisation, qui œuvre pour la promotion de la famille, considérée comme la cellule de base de la société. Pour l’ONG, une société équilibrée repose sur des familles solides, harmonieuses et épanouies. Un couple stable favorise l’éducation d’enfants équilibrés, capables de devenir des citoyens responsables et de contribuer au développement de leur communauté.
L’organisation a rappelé que le couple, constitué d’un homme et d’une femme, qu’il soit marié ou non, représente le noyau de la famille. Lorsqu’il est fragilisé par une maladie comme le VIH, les conséquences touchent non seulement les conjoints, mais également les enfants, les proches et l’ensemble de leur environnement social.
La présidente a distingué trois types de couples selon le statut sérologique: les couples séronégatifs, où les deux partenaires ne vivent pas avec le VIH; les couples séropositifs, où les deux partenaires sont porteurs du virus; et les couples sérodiscordant où un seul partenaire vit avec le VIH.
L’accent a été mis sur les couples sérodiscordant qui font face à des défis particuliers. Ces couples doivent apprendre à vivre avec la maladie, préserver leur relation malgré les difficultés, surmonter la peur de transmettre le virus, le risque de rejet, la culpabilité, la stigmatisation et les préjugés. Les conflits conjugaux peuvent parfois conduire à des accusations injustes envers le partenaire vivant avec le VIH.
La présidente de l’ONG a souligné que ces couples attendent avant tout des informations fiables, un accompagnement médical adapté, un soutien psychologique, ainsi que la compréhension de leur entourage. La présidente Bertille Assoumou a insisté sur la nécessité de mettre fin à la marginalisation des personnes vivant avec le VIH et de promouvoir leur pleine inclusion dans la société.
Pour améliorer leur prise en charge, plusieurs recommandations ont été formulées. L’ONG préconise le renforcement des campagnes de sensibilisation auprès des jeunes, des couples, des célibataires, des travailleurs du sexe et de certaines professions particulièrement exposées. Elle encourage également le développement de partenariats avec les communautés religieuses, les associations familiales et les organisations de la société civile afin de mieux informer les populations sur le VIH et les progrès réalisés par la médecine.
Les intervenants ont aussi plaidé pour une meilleure connaissance de la réalité du VIH chez les couples mariés. Elle a rappelé que le virus peut concerner toute personne, quelque soit son statut matrimonial, et qu’il est important de briser le silence entourant les couples sérodiscordant afin de prévenir les séparations, les divorces liés à la désinformation et la stigmatisation.
L’ONG a mis en avant les avancées scientifiques qui offrent aujourd’hui de véritables perspectives d’espoir. Grâce aux traitements antirétroviraux et à un suivi médical régulier, une personne vivant avec le VIH peut atteindre une charge virale indétectable, rendant le risque de transmission sexuelle extrêmement faible, voire nul selon les données scientifiques actuelles. De même, une femme vivant avec le VIH peut, lorsqu’elle bénéficie d’un suivi adapté, donner naissance à un enfant séronégatif.
Pour illustrer les conséquences dramatiques de la stigmatisation, les responsables de l’ONG ont partagé le témoignage poignant d’une femme mariée depuis quinze ans et mère de huit enfants, qui découvre sa séropositivité lors de sa neuvième grossesse. Rejetée par son époux et une partie de sa belle-famille, privée de soutien moral, elle abandonne progressivement son traitement. Après avoir été chassée du domicile conjugal, elle perd son nouveau-né puis décède quelques mois plus tard. Son mari et sa nouvelle compagne décéderont également, laissant huit enfants orphelins.
À travers ce témoignage, l’ONG CIC a rappelé que le VIH ne constitue pas uniquement une question de santé publique, mais également un enjeu de responsabilité, de solidarité, de compassion et de respect de la dignité humaine.
En conclusion, l’organisation a lancé un appel à la responsabilité individuelle et collective. Elle invite chacun à connaître son statut sérologique, à effectuer un suivi médical régulier, à soutenir les personnes vivant avec le VIH et à combattre toutes les formes de discrimination.
Le message est clair: le VIH n’est plus une condamnation. Grâce à la prévention, aux traitements, à l’accompagnement médical et au soutien de la communauté, il est aujourd’hui possible de vivre pleinement, d’aimer, de fonder une famille et de construire sereinement son avenir.
M. B

Laisser un commentaire