Libreville, le 26 juin 2026 – La deuxième édition du Baromètre du VIH/Sida au Gabon s’est tenue ce vendredi 26 juin 2026 à l’Institut des maladies infectieuses Pr Daniel Gahouma, sous le thème: « Des données aux parcours réels : mieux comprendre, mieux suivre, mieux agir ».
Coorganisée par Gabon Data Dialogue et l’Association des acteurs de la e-santé du Gabon (AeSGabon), président M. Mefane, en partenariat avec le ministère de la Santé, cette rencontre a réuni des responsables institutionnels, des professionnels de santé, des chercheurs, des associations, des représentants de la société civile ainsi que des partenaires internationaux engagés dans la lutte contre le
VIH.
Présidée par le Dr Eric Arnaud Makita Makita, fondateur de Gabon Data Dialogue, cette édition a permis de dresser un état des lieux de l’épidémie au Gabon tout en mettant l’accent sur l’importance d’une meilleure exploitation des données sanitaires pour améliorer la prise en charge des patients.
Selon le Dr Eric Arnaud Makita Makita, Gabon Data Dialogue repose sur trois piliers essentiels : rendre accessibles les données de santé au grand public, favoriser leur compréhension et démontrer leur utilité dans les politiques publiques.
Prenant le Baromètre du VIH comme projet pilote, il a présenté plusieurs chiffres préoccupants. Le Gabon compte actuellement 52 000 personnes vivant avec le VIH, environ 1 200 nouvelles infections sont enregistrées chaque année et près de 1 500 décès sont liés à la maladie. Sur les 52 000 personnes concernées, 35 330 sont sous traitement, soit une couverture nationale de 68 %, encore loin de l’objectif de 95 % fixé par l’Organisation mondiale de la santé à l’horizon 2030.
« Nous avons encore d’importants efforts à accomplir pour atteindre les objectifs internationaux », a-t-il souligné.

La charge virale et les enfants, deux défis majeurs
Pour le Dr Raïssa Okouyi Ndong Assapi, directrice du Programme national de lutte contre le VIH/Sida et les infections sexuellement transmissibles (PNLS/IST), ce baromètre constitue un outil précieux pour rapprocher les données statistiques de la réalité vécue par les patients.
Elle a salué cette initiative, tout en mettant en évidence plusieurs défis majeurs.
Le premier concerne la charge virale, dont seulement 26 % des patients atteignent actuellement l’objectif fixé par les recommandations internationales. Un retard qu’elle attribue notamment au coût élevé de l’examen, estimé à près de 50 000 FCFA, une dépense encore supportée par les patients malgré leurs difficultés financières.
Autre sujet d’inquiétude : les enfants vivant avec le VIH.Sur environ 2 400 enfants séropositifs estimés dans le pays, seuls 700 sont actuellement identifiés par le système de santé, laissant près de 1 700 enfants hors des circuits de prise en charge.
Pour la directrice du PNLS/IST, la lutte contre le VIH ne relève pas uniquement du ministère de la Santé mais constitue une responsabilité collective. Elle a appelé les familles, les communautés et l’ensemble des acteurs à renforcer le dépistage des enfants afin d’améliorer leur prise en charge.
Renforcer le dépistage et l’observance thérapeutique
Le Dr Chansi Ankely Junie responsable de la recherche et de la formation à l’Institut des maladies infectieuses Pr Daniel Gahouma, a insisté sur l’importance des données scientifiques présentées au cours de cette rencontre.
Selon elle les résultats montrent que seulement 10 % des patients répondent parfaitement au traitement antirétroviral, une situation souvent liée à une mauvaise observance thérapeutique ou à une compréhension insuffisante des traitements.
Elle a annoncé que l’Institut renforcera le dépistage, la recherche sur les mutations virales ainsi que l’information des patients.
La spécialiste a rappelé que l’Institut dispose d’un laboratoire capable de réaliser les examens de charge virale et a invité toutes les personnes vivant avec le VIH au Gabon à effectuer régulièrement ce contrôle afin de vérifier l’efficacité de leur traitement et détecter rapidement toute éventuelle résistance.
Un message d’espoir contre la stigmatisation
Invitée à témoigner
Mme Ogandaga, personne vivant avec le VIH, a livré un message fort d’espoir et de courage.
Elle a exprimé sa conviction qu’un avenir meilleur est possible et qu’un jour les personnes vivant avec le VIH pourront témoigner à visage découvert, sans craindre le regard des autres.
Elle a également encouragé celles et ceux qui vivent encore dans la peur ou le silence à ne plus se cacher.
« La vie vaut la peine d’être vécue », a-t-elle déclaré, appelant chacun à devenir un porteur d’espérance et à lutter ensemble contre la stigmatisation.
Vers une réponse plus efficace
À travers cette deuxième édition du Baromètre du VIH/Sida, les organisateurs ont rappelé que les données ne doivent pas seulement être collectées, mais servir de levier pour orienter les politiques publiques, améliorer le suivi des patients et accélérer les progrès vers l’objectif de mettre fin à l’épidémie de VIH comme menace de santé publique d’ici 2030.
M. B

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