Université Omar Bongo/FDSE: une réflexion académique pour enrichir le débat sur la Constitution gabonaise

C’est un travail de recherche qui s’inscrit au cœur de l’actualité institutionnelle du Gabon. Ce jeudi 23 juillet, la Faculté de Droit et des Sciences économiques de l’Université Omar Bongo (UOB) a accueilli la soutenance de fin de cycle de Master professionnel en Droit Public de Mlle Mariette NZANG NDONG.

 

Son mémoire, intitulé «La Constitution du 19 décembre 2024: entre rupture et continuité», s’intéresse à l’évolution du texte fondamental gabonais. L’objectif de cette recherche est d’identifier les dispositions qui traduisent une continuité avec la Constitution de 1991, tout en mettant en lumière les innovations qui marquent une véritable rupture dans l’organisation institutionnelle du pays.

 

Face aux membres du jury, mais aussi devant des parents, amis et connaissances venus nombreux pour l’encourager, la candidate a défendu avec assurance les résultats de ses travaux. Durant les échanges, elle a apporté des réponses argumentées aux différentes préoccupations soulevées par le jury, démontrant sa maîtrise du sujet et sa capacité d’analyse juridique.

« La Constitution gabonaise de 2024 présente à la fois des éléments de rupture et des éléments de continuité avec celle de 1991. C’est d’ailleurs ce qui fait son originalité.
La Constitution de 2024 conserve plusieurs principes fondamentaux de celle de 1991 tels que le maintien de la séparation du pouvoir; le Gabon qui demeure une République souveraine, unitaire, démocratique et sociale, pour ne citer que ceux-là. 

En revanche, la Constitution de 2024 introduit des changements majeurs. Elle supprime le poste de Premier ministre et instaure un régime présidentiel plus affirmé. Le Président de la République devient à la fois chef de l’État et chef du Gouvernement.
La Constitution de 2024 n’est donc ni une copie de celle de 1991, ni une rupture totale. Elle s’inscrit dans une logique de continuité en préservant les principes démocratiques essentiels, tout en opérant une rupture institutionnelle importante, notamment par la transformation du fonctionnement de l’exécutif et de l’organisation des pouvoirs publics. Cette double dynamique explique pourquoi les constitutionnalistes parlent d’une Constitution «entre rupture et continuité »« , a-t-elle expliqué.

 

Au-delà de l’exercice académique, cette étude apporte une contribution importante au débat constitutionnel gabonais. En confrontant les anciennes et les nouvelles dispositions constitutionnelles, elle offre des clés de compréhension sur les transformations institutionnelles engagées par le pays, tout en permettant de mieux cerner les principes qui demeurent inchangés. Un travail qui peut servir de référence aux étudiants, aux chercheurs, aux juristes, mais également aux citoyens désireux de comprendre les enjeux de la nouvelle Constitution.

 

Sur le plan scientifique, ce mémoire se distingue par une démarche méthodique, une analyse comparative des textes constitutionnels et une argumentation fondée sur les principes du droit public. Il témoigne d’une réflexion rigoureuse sur les mutations institutionnelles du Gabon et participe à l’enrichissement de la doctrine juridique nationale.

 

Par cette soutenance, Mlle Mariette NZANG NDONG conclut son parcours de Master professionnel tout en apportant une contribution intellectuelle qui nourrit la réflexion sur l’avenir des institutions gabonaises.

Les membres du jury, après observations faites, on conclu ces travaux par une note de 15/20.

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