Ropivia poussé à la démission

 Ropivia poussé à la démission

Ropivia poussé à la démission : l’équation UOB à plusieurs inconnues ne reste-t-elle pas sans solution ?

La démission du Professeur Marc-Louis Ropivia le mardi 11 février dernier à la fonction de recteur de l’Université Omar Bongo (UOB) a sonné comme un glas annonçant la fin d’un septenat de gouverance universitaire, que l’on a pu qualifier à tort, à travers ou à raison d’opaque et de déloyale. Ce qui, semble-t-il, laisse penser que l’ère Ropivia a retardé le bon fonctionnement et le progrès de l’UOB. Seulement, après le départ de ce dernier, l’équation UOB ne reste-t-elle pas sans solution ?

Par la lettre 036.20/UOB/R datant du 11 février 2020, le Pr. Marc-Louis Ropivia dépose sa démission auprès du ministre de l’Enseignement supérieur, Dieudonné Moukagni Iwangou. Une démission qui intervient à la suite d’un courrier introduit par le coordonnateur de la République, Nourredin Bongo Valentin, chez le même ministre, signalant l’insubordination du recteur face aux décisions prises en Conseil des ministres relatives aux nominations des membres de l’administration universitaire, d’une part et, d’autre part, la gestion opaque des inscriptions à l’UOB.

Les 7 ans de Ropivia à la tête de l’UOB. Quelle gouvernance?

A la suite de la destitution du Pr. Pierre Dominique Nzinzi, le Pr. Marc-Louis Ropivia accède en

2013 à la tête de l’UOB, première université du Gabon. Son intronisation se fait dans un contexte où l’Université est pleinement astreinte aux légendaires grèves des étudiants, mais avec, paradoxalement, une vie sur le campus plus ou moins désirable. Résidence des étudiants, restaurant universitaire, lieux d’aisances, wifi dans les pavillons et par endroits sur le campus, étaient entre autres choses, qui ne sont désormais citées aujourd’hui qu’au passé. Si l’avènement de Ropivia a permis de mettre fin à ces grèves parfois sauvages, qu’on arguait souvent freiner le bon fonctionnement de l’UOB et de son développement, le programme de modernisation de l’Université annocé par ce dernier a manqué de prendre forme à plus des égards, peut-être parce que buté à plusieurs réalités dont certaines ont été évoquées dans sa lettre de démission.

« L’UOB est un enjeu géopolitique national majeur. Cette réalité explique la volonté de multiples acteurs, internes comme externes, d’en avoir le contrôle. Quitte à y entretenir un climat de « guerre froide permanente », a-t-il fait observer au ministre de l’Enseignement supérieur.

Ce qui semble alors excuser sa gouvernace de l’UOB déclarée opaque par le coordonnateur de la Républiqe, Nourredin Bongo Valentin, précisément en matière de gestion des inscriptions, dont les frais sont payés à la hausse depuis 2016 : 35.000 FCFA pour le cycle Licence, contre 9.000 FCFA en 2015 ; 60.000 FCFA pour le cycle Master, contre 20.000 FCFA en 2015 ; 100.000 FCFA pour le cycle Doctorat, contre 50.000 FCFA en 2015. Sans oublier les 75.000 FCFA des Masters professionnels et les 70.000 FCFA de pénalité, contre 15.000 FCFA en 2015. Autant d’argent que cela peut générer, quand on sait que la population estudiantine de l’UOB s’élève à une courbe croissante de plus 20 000 étudiants aujourd’hui. A vous de faire le calcul !

Pousser Ropivia à la démission règle-t-il l’équation UOB à plusieurs inconnues ?

En juillet 1970, l’Université Nationale du Gabon (UNG), devenue en 1978 l’Université Omar Bongo (UOB), a été créée pour répondre aux besoins en cadres supérieurs au moment de l’accession à l’indépendance des anciens territoires d’Afrique Equatoriale Française (AEF). Dans la Préface aux Textes relatifs à l’Université Omar BONGO, édités en janvier 2008, feu le Président Omar Bongo va à nouveau faire savoir sa motivation à fonder l’Université du Gabon: « La création d’une Université nationale, dès 1970, répondait donc à ce souci de disposer, sur-place, d’un temple du savoir pour m’accompagner dans la bataille contre le sous-développement ». Constat fait, est-ce que nous pouvons affirmer que le résultat escompté est atteint, si l’Université gabonaise elle-même demeure encore sous-développée ? Sans ambages, nous pouvons répondre par la négative.

En effet, 50 ans après sa fondation, l’équation UOB à plusieurs inconnues continue de se poser avec acuité et ce, sans solution adaptée. 50 ans après, on continue de parler de problème de gouvernace universitaire, d’autonomie financière et de gestion de l’UOB, de sa modernisation, en termes d’infrastructures physiques et numériques. Une Université qui a abrité à l’origine 162 étudiants, n’est pas loin d’avoir gardé presque la même capacité d’accueil en 2020. Ce qui peut amener à soupçonner une sorte de complot contre l’Université gabonaise, qui serait établi entre

les intellectuels eux-mêmes d’une part, et entre les intellectuels et les gouvernants politiques, d’autre part. Sinon, qui gagnerait à ce que la situation de l’UOB reste à l’état ? Nous pensons que personne. Du moins, personne ne peut ouvertement l’affirmer.

Il faudrait arrimer l’Université au temps, au 21ème siècle

Tout comme le cours du temps, la mondialisation ou, si on veut, la globalisation impose ses règles irrésistibles. Ainsi, il importe que tous les acteurs, internes et externes, de l’Université gabonaise, aient la réelle volonté de changer de paradigme de gouvernance pour s’assurer de la raison d’être d’une université dans un pays. Car, les aspirations sont multiples à l’endroit de cette université. Ce ne devra plus être question de tête qui plaise ou pas, mais question de répondre aux besoins, et de toutes les composantes de l’université, en commençant par les apprénants, et, surtout, de la nation toute entière.

L’après Ropivia, au lieu d’en faire une actualité nostalgique, doit par contre amener à cerner les besoins réels de l’UOB, comme on peut l’entendre dans les souhaits qui fusent sur le campus. « Je souhaite que l’UOB ne soit plus le vaste champ de ruine qu’il est aujourd’hui. Que la sécurité, les toilettes, les points de raffermissement, les espaces publics aménagés soient largement disponibles », a laissé entendre à notre rédaction, Yvan Owoula, doctorant en Histoire des Rélations Internationales à l’UOB.

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François Adzui Nguere

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