Gabon/Entreprise: La Sucaf-Gabon, une “mine d’or” au cœur du Haut-Ogooué

 Gabon/Entreprise: La Sucaf-Gabon, une “mine d’or” au cœur du Haut-Ogooué

Vue aérienne de la Sucaf-Gabon

La Sucaf-Gabon (Sucrerie Africaine du Gabon), est la filiale sucrière représentative au Gabon issue du groupe SOMDIAA spécialisé en agro-alimentaire en Afrique. Notre redaction est allée en immersion dans cette société pour s’imprégner de son mode de fonctionnement et de son avancée après un(1) an passé dans la crise sanitaire liée à la pandémie de covid-19.

 

Située dans la province du Haut-Ogooué au sud-est du Gabon entre Franceville et Moanda, principalement dans la localité de Ouellé, la Sucaf-Gabon est cette entreprise agro-industrielle spécialisée dans la culture et la transformation de canne à sucre et disposant de près de 4400 hectares de plantation, et qui produit chaque année jusqu’à 27.000 tonnes de sucre blanc et roux redistribué en paquet contenant des morceaux, en sachet et dosette contenant à leur tour du sucre en poudre.

 

Après plusieurs années passées en difficulté, et avec la crise sanitaire qui a durement sévit la quasi-totalité des secteurs d’activités depuis plus d’un an en terre gabonaise, la Sucaf-Gabon se remet progressivement de son malaise avec en plus des dossiers en cours de traitement avec les pouvoirs publics.

“Nous sommes entrain de travailler sur un plan de développement parti sur la période de 2022-2026 et dont le but est d’augmenter le niveau de production et d’ouvrir entièrement le marché. L’entreprise avait été privatisée en 1999, mais aujourd’hui elle supporte encore les charges qui devraient revenir à l’Etat telles que les infrastructures routières, éducatives, sanitaires…tout ceci fait partie de nos échanges avec l’Etat, mais l’idée est laisser la Sucaf-Gabon se concentrer essentiellement sur son activité qui est de produire le sucre”, a martelé le Directeur Général de cette société, Chrisos LONGHO.

Chrisos LONGHO, Directeur Général de la Sucaf-Gabon présentant les échantillons d’engins et leurs différents roles

Le sucre roux, “l’or” de la Sucaf-Gabon

 

Le sucre roux produit par cette société sucrière est le résultat de la transformation brute et directe de la matière première abondante à Ouéllé qui n’est autre que la canne à sucre. Selon les producteurs de ce produit qui d’ailleurs se font appeler “les fabricants des petits bonheurs”, ce dernier (sucre roux) est de l’or veritable mais qui s’ignore. Il est qualifié d’or pour son côté nutritif car en lui se trouve tous les nutriments disponibles dans la canne à sucre. C’est donc un sucre très riche contrairement au sucre blanc. Ce dernier cité est obtenu après avoir extrait toute la coloration rousse qui n’est autre que le pur jus de canne à sucre qui se trouve dans le sucre roux et qui donne à celui-ci son aspect naturel. Néanmoins, le sucre blanc n’est pas de mauvaise qualité. Les fabricants de ces petits bonheurs ont rassuré les consommateurs à travers son traitement délicat et qui fait preuve d’une subtilité remarquable. Loin d’être considéré comme nuisible à la santé, le sucre blanc est juste raffiné. Ce qui laisse entendre qu’il subit un certain nombres de traitements, mécaniques ou chimiques, à partir du produit brut qu’est le sucre roux.

Vue du sucre roux et de la canne à sucre

Sucaf-Gabon, quelle politique de développement durable?

 

Pour une entreprise, mettre en place une politique de développement durable est très important en ce sens que cela représente l’une des clefs du succès. C’est un moyen efficace pour valoriser l’image de marque de l’entreprise. La politique de développement durable de la Sucaf-Gabon ne semble pas s’en défaire, elle est plutôt évolutive et pérenne car sa vision repose sur des axes solides repartis dans trois(3) secteurs, l’environnement, la société et la RSE. Sur le plan environnemental, la vision de cette mine d’or sucrière est non seulement de poursuivre la mise en place d’une agriculture raisonnée, mais aussi d’améliorer l’efficacité énergétique des unités industrielles. Malgré la forte activité industrielle, la transformation de la canne à sucre est moins polluante, voire inexistante, car d’après les techniciens le principal déchet est le résidu de la canne obtenu après extraction du jus par le moulin. Ce résidu fibreux encore appelé “bagasse” est réutilisé dans les chaudières pour transformer la vapeur qui servira à avoir de l’énergie productive, donc l’énergie verte, qui n’a pas d’impact sur la santé humaine.

S’agissant du social et de la RSE, la Directrice du Développement Durable au sein de la Sucaf-Gabon, Sérange OBAME, a été très explicite: “sur ces deux secteurs, la démarche de la Sucaf-Gabon est respectivement d’accentuer ses exigences en matière de santé et de sécurité au travail pour l’ensemble de ses collaborateurs, de promouvoir le dialogue social au sein de l’entreprise. Aussi, elle contribue au développement local, elle renforce la collaboration avec les parties prenantes et surtout elle veille au respect de l’objectif de développement durable (ODD) n°1 qui exige d’éliminer la pauvreté sous toutes ses formes. Enfin la Sucaf-Gabon est engagée  à accompagner les partenaires, les fournisseurs et les sous-traitants dans une démarche de progrès”.

Serange OBAME, Responsable de Développement Durable chez Sucaf-Gabon

Aussi, la Sucaf-Gabon dispose d’une fondation dénommée “Fondation Sucaf-Gabon”, et qui s’inscrit dans la politique de Développement Durable du groupe SOMDIAA dont la Sucaf-Gabon est une filiale. Cette fondation dirigée par Ulrich MBA ABESSOLO, est autonome et a pour vocation d’accompagner les populations de Ouellé et ses environs dans leurs projets de développement et d’activités génératrices de revenu(AGR) par le soutien des bailleurs de fonds ou de la Sucaf-Gabon et par le Centre Culturel de Ouellé qui joue le rôle d’incubateur au profit de la jeunesse, créé par cette fondation.

“La fondation est présente à Ouellé depuis 2012. Ses actions s’inscrivent plutôt dans le domaine agricole où nous avons mené quelques projets en maraichage et en production vivrière. Nous formons les collaborateurs à se structurer en associations et à la bonne gestion de ces dernières, le but étant d’améliorer les conditions de vie des populations. Nous notons tout de même que la dynamique de la fondation avait été lourdement impactée par la pandémie de Covid-19, mais nous pouvons vous assurer que les activités reprennent progressivement avec des nouvelles stratégies visant à booster les populations”, nous a fait savoir Ulrich MBA ABESSOLO, responsable de ladite fondation.

 

La RSE au service des populations locales

 

La dimension sociétale est une composante majeure de la politique de Développement Durable engagée par la Sucaf-Gabon envers ses parties prenantes constituées des trois(3) regroupements à sa charge à savoir: Ouellé, Djoutou et M’vengué. Cette RSE vise à contribuer au développement local par des actions concrètes sur le terrain. Considéré comme le principal employeur de la localité, la sucaf-Gabon donne de l’emploi aux populations de Ouellé et celles environnantes, avec la variété de sous-traitances implantées dans la localité tout en assurant l’hébergement des agents issus des effectifs de ces sous-traitances et même de ses salariés.

En matière d’adduction en eau potable, la SEEG est absente dans cette partie du Gabon. Selon la direction générale, c’est la Sucaf-Gabon qui assure l’alimentation en eau potable sur toute la localité, avec quelques fontaines publiques installées. Sur le domaine de l’éducation, les enseignants affectés au CES public de Ouellé sont logés par la Sucaf-Gabon.  Cette dernière assure également le transport des apprenants en second cycle qui sont scolarisés dans les villes les plus développées en matière d’infrastructures et la refection des établissements publics.

Parlant de la santé, le village de Ouellé ne dispose d’aucune autre structure sanitaire en dehors du dispensaire mis à la disposition des populations par la Sucaf-Gabon permettent néanmoins d’assurer les premiers soins avant de les évacuer vers les centres de santé agréés.

La Sucaf-Gabon, un pan efficace du Gabon-industriel

Au regard de tout ce qui a été dit, il est claire que la Sucaf-Gabon se considère comme l’un des poumons de la province du Haut-Ogooué. De la formation des agents à la fabrication du produit de première nécessité et précieux qu’est le sucre en passant par la promotion de l’emploi , cette entreprise agro-industrielle marque l’ambition du pays à développer les secteurs agricole et industriel et qui favorisent la création d’emploi. Il est souhaitable que le plan de développement initié par la Sucaf-Gabon trouve une suite favorable car l’enjeu de cette “mine d’or” est de promouvoir la valorisation locale de la canne à sucre qui est une matière première, et l’amelioration des conditions de vie des populations. Il s’agit visiblement d’une extension qui contribue à la relance de l’économie tant clamée par les autorités gabonaises. Mais que l’Etat prenne ses responsabilités de créer et réhabiliter les infrastructures tant sanitaires qu’éducatives dans la localité de Ouellé et ses environs, pour permettre à la Sucaf-Gabon de se focaliser sur la production du sucre.

 

Notons que la Sucaf-Gabon est en préparation de la phase de récolte encore appelée période de campagne consacrée à la production. Cette dernière a lieu durant quatre(4) mois, de juin à septembre, car le reste du temps est réservé à la semence.

 

 

 

 

 

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Laurenne M.

Laurenne M.

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