Gabon/Education: le non-paiement des prises en charge des correcteurs locaux du BEPC 2026 ravive la colère des enseignants

Alors que les opérations de correction des copies du Brevet d’Études du Premier Cycle (BEPC), session 2026, se déroulent à travers le pays, une vive polémique enfle autour du non-paiement des prises en charge des membres des jurys de correction dans plusieurs provinces du Gabon.

 

 

Selon plusieurs témoignages recueillis, seule la province de l’Ogooué-Ivindo aurait procédé après un mouvement d’humeur à la promesse du paiement des prises en charge des correcteurs locaux (communaux) dès demain au trésor public de Makokou. En effet, après un mouvement d’humeur dans la commune de Makokou, les correcteurs communaux pourront percevoir une somme de cinquante (50 000 ) FCFA chacun, tandis que les correcteurs départementaux auraient bénéficié d’un montant supérieur destiné à couvrir leurs frais de déplacement et de séjour. Outre l’Ogooué-Ivindo, la province du Woleu-Ntem a agit en toute transparence dans la prise en charge des correcteurs locaux.

 

À l’inverse, dans la majorité des autres provinces, les correcteurs locaux dénoncent une situation qu’ils jugent injuste et incompréhensible. Bien qu’ils consacrent plusieurs journées entières à la correction des copies, souvent dans des conditions difficiles, ils affirment ne recevoir aucune prise en charge, pas même de quoi assurer leur restauration ou leur hydratation pendant les séances de travail.

Cette situation a notamment provoqué une forte mobilisation au centre de correction du lycée Alexandre Madoungou Mbary, où les correcteurs locaux ont décidé de suspendre les travaux afin d’exiger le paiement de leurs indemnités. Ce mouvement de protestation n’a pris fin qu’après satisfaction de leur revendication, démontrant que le dialogue et la reconnaissance des droits des correcteurs restent possibles lorsque les autorités prennent leurs responsabilités.

 

 

La question demeure toutefois entière pour les autres provinces. Pourquoi les Directions d’Académie Provinciale continuent-elles, année après année, de ne pas verser les prises en charge aux correcteurs locaux, alors même que les correcteurs venus des départements bénéficient d’indemnités de déplacement pouvant varier entre cent cinquante (150 000) et cent quatre vongt milles (180 000) FCFA ?

Pour de nombreux enseignants, il ne s’agit pas d’opposer les correcteurs locaux à leurs collègues départementaux. Tous accomplissent la même mission de service public et contribuent à la crédibilité des examens nationaux. La seule différence réside dans les frais de déplacement. Mais cette distinction justifie-t-elle que les correcteurs locaux soient privés de toute prise en charge ?

 

 

Les enseignants rappellent que la correction des examens officiels constitue une mission de l’État, exigeant rigueur, concentration et disponibilité. Derrière chaque correcteur se trouve un père ou une mère de famille qui sacrifie plusieurs jours de son temps au service de la Nation. Dans ces conditions, beaucoup estiment qu’une prise en charge minimale devrait être garantie à tous les membres des jurys, indépendamment de leur lieu de résidence.

 

Au-delà de la question financière, c’est le principe d’équité qui est aujourd’hui posé. Comment expliquer que les pratiques diffèrent d’une province à l’autre alors que les examens nationaux relèvent d’une même organisation ? Pourquoi certains correcteurs bénéficient-ils d’une prise en charge quand d’autres, accomplissant exactement la même mission, n’ont droit à rien ?

 

 

Face à ces interrogations, les enseignants appellent le ministère en charge de l’Éducation nationale à harmoniser les modalités de prise en charge sur l’ensemble du territoire afin d’éviter que les prochaines sessions d’examens ne soient perturbées par des mouvements de contestation.

Car si la qualité des examens repose sur l’engagement des correcteurs, cet engagement mérite également reconnaissance, respect et équité.

 

Louis Marie Madegha

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *