Covid-19 ou la guerre des officines : le Gabon parviendra-t-il vraiment à son propre remède ?

 Covid-19 ou la guerre des officines : le Gabon parviendra-t-il vraiment à son propre remède ?

La crise sanitaire actuelle qui secoue le monde depuis pratiquement 5 mois, avec des pertes en vies humaines énormes, fait bon gré mal gré place à une guerre des lobbies pharmaceutiques et des officines qui influerait sur les décisions de certains Etats africains à se positionner face à la pandémie du Covid-19 avec leurs propres protocoles thérapeutiques. Le Gabon, dont les chercheurs et praticiens de la médecine traditionnelle proposent la Fagaricine 532 du Dr. Pierre Pyebi Oyoubi comme remède local, parviendra-t-il vraiment à s’affirmer dans cet ordre des choses ?

Pour emboiter le pas de certains pays africains qui ont su se dédoubler en proposant des solutions internes contre le Covid-19, tels que le Madagascar, le Bénin et le Burkina-Faso, le Gabon et bien d’autres pays du continent ont affirmé leur volonté à se faire également leurs propres solutions.

En effet, pour ce qui est du Gabon, le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale, lors de la rencontre entre le Comité de pilotage du plan de veille et de riposte contre la pandémie à coronavirus au Gabon (COPIL-COVID-19) qu’il préside et la Communauté scientifique et médicale nationale, initiée pour des raisons de stratégie de riposte communautaire au Covid19, le 2 mai 2020, a émis le vœu de voir le pays se doter de son propre remède. Il était inadmissible pour lui que le Gabon puisse « rester les bras croisés et en marge de ce mouvement africain de recherche d’une solution interne à cette pandémie ».

Eu égard de cela, le 7 mai qui a suivi, les chercheurs et praticiens de la médecine traditionnelle gabonais ont proposé la Fagaricine 532 du Dr. Pierre Pyebi Oyoubi comme option thérapeutique nationale contre le Covid-19. Consacrée par un brevet français, un brevet européen et un brevet mondial, avec une autorisation de vente sur les marchées gabonais, camerounais, congolais (RD), comorien, etc., la Fagaricine est une solution finie issue des plantes médicinales gabonaises, dont le Dr. Oyoubi dit agir dans l’organisme « comme une armée composée de toute la population ». Du fait d’avoir été testé sur 17 patients atteints du Covid-19 en France, et que les résultats se seraient révélés concluants après 7 jours de traitement, le Dr. chercheur et ses pairs appellent le Gabon à inscrire ce médicament dans son protocole thérapeutique contre le coronavirus. Mais, le Gabon parviendra-il vraiment à le faire ? Ainsi, une équation à plusieurs inconnues semble-t-elle être posée.

Face à cette équation, il est non moins important de signaler que le Gabon, avant d’aspirer à son propre remède, avait déjà adopté, depuis le mois de mars dernier, le protocole thérapeutique composé dhydroxychloroqine associée à l’azithromycine, proposé par le professeur Didier Raoult, spécialiste des maladies infectieuses, lui-même combattu par le monde médical de son pays, la France. Un protocole qui fonctionne plus ou moins bien à ce jour, avec 110 patients guéris sur plus de 660 cas positifs, dont 8 décès.

Toutefois, le vœu d’une révolution scientifique et médicale émis par le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale, président du COPIL-COVID-19, à la Communauté scientifique et médicale nationale, bien reçu par les chercheures et tradipraticiens de l’acabit de Dr. Pierre Pyebi Oyoubi, semble se contredire par le manque d’engouement immédiat des autorités en charge de la riposte contre le Covid-19 vis-à-vis de la Fagaricine 532.

Au regard de ce qui précède, l’on pourrait croire que le Gabon serait en train d’hésiter à affirmer les résultats de ses chercheurs, de peur des représailles avec les gourous des officines d’un certain establishment pharmaceutique de prédation. Cela, d’autant plus qu’il semble paradoxal que l’Etat gabonais, en cette période de crise et d’urgence sanitaires, ne puisse pas totalement faire confiance aux ressources naturelles et intellectuelles disponibles sur son territoire, alors que le besoin se fait ardemment sentir. Doit-on continuer à croire que seul l’exotique est efficace ?

Reconnu depuis 30 ans dans le domaine de la santé, en général, et dans les domaines de la recherche sur les maladies virales et de la médecine traditionnelle, en particulier, le Gabon n’a plus qu’à affirmer son potentiel aux yeux du monde en crise sanitaire, afin d’asseoir sa souveraineté sur le plan sanitaire, comme ça commence à être le cas pour Madagascar, avec son CovidOrganics.

Digiqole ad
Avatar

François Adzui Nguere

Articles connexes

1 Commenter

    Avatar
  • Le 2 mai 2020, le PM Julien koghe Bekale appelle à une solution gabono-gabonaise contre le Covid-19, mais le Copil hésite à adopter la Fagaricine 532 proposée comme telle par les chercheurs et praticiens de la médecine traditionnelle. Ce qui semble être une contradiction flagrante.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *