Dans le cadre de sa campagne de sensibilisation sur les violences en milieu scolaire allant du 09 au 22 novembre 2022, le cabinet de psychologie Allô Psy a investi ce mercredi le C.E.S. d’Avorbam, situé dans la commune d’Akanda, au nord de la capitale gabonaise, pour le lancement. Durant son atelier au sein de cet établissement scolaire, les psychologues vont fixer l’objectif de la campagne et la volonté qui les anime, non sans parler des causes, des conséquences et des solutions relatives au phénomène décrié.
Autorisé à sillonner les établissements scolaires laïcs et confessionnels, le cabinet Allô Psy fait le lancement de sa campagne de prévention et de sensibilisation sur les violences en milieu scolaires au C.E.S. d’Avorbam, ce mercredi 09 novembre 2022. Animés par la volonté de participer activement à la lutte contre ce phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur dans le système éducatif gabonais, les psychologues se lancent sur le terrain armés de conseils et des méthodes de travail qui sont les leurs.

L’objectif de la campagne étant d’attirer l’attention des élèves à propos des conséquences des violences sur leur présent et leur devenir, les différents intervenants ont tour à tour présenté, dans un jeu interactif, les causes et les conséquences du phénomène des violences en milieu scolaire, avant d’embrayer sur quelques solutions. En définissant bien avant le mot violence, ils catégorisent les violences en deux groupes : les violences physiques, qui renvoient à l’ensemble des actions portant atteinte à l’intégrité physique d’autrui, et les violences psychologiques, qui désignent toutes paroles prononcées à l’endroit de quelqu’un qui sont de nature à porter atteinte à son psychisme.
Au courant de la communication, il sera noté trois grands groupes de causes : les causes liées aux élèves eux-mêmes (drogues, alcools, armes blanches, le port des artifices tels que les bijoux, les mauvaises fréquentations, etc.) ; les causes liées à l’organisation, en l’occurrence l’établissement scolaire, du fait qu’il constitue parfois un mauvais environnement pour les apprenants, où sont surtout enregistrés des violences verbales, donc psychologiques des enseignants ou administratifs à l’endroit des élèves. Enfin, il y a les causes liées à la société en elle-même, qui est pour beaucoup dans la promotion des violences en milieu scolaire.
Au titre des conséquences, les intervenants ont signalé que celles-ci ont un impact direct aussi bien sur la victime que sur le bourreau, lesquelles sont à repartir sur trois plans. Sur le plan scolaire, il y a entre autres : l’absentéisme, l’échec scolaire, le décrochage scolaire, l’exclusion. Sur le plan psychologique : les blessures émotionnelles, les symptômes post-traumatiques (troubles qui apparaissent lorsqu’on a été victime d’un acte de violence), etc. Enfin, sur le plan social et judiciaire : la prison, qui pourra entacher le casier judiciaire de l’apprenant.
Cette campagne vise essentiellement un double objectif :
« Prévenir les élèves des établissements où la violence n’est pas encore manifeste et sensibiliser les élèves des établissements où le phénomène de violence existe déjà sur ses conséquences néfastes », a indiqué Chanselle Claude Koumba Boungou, psychologue du développement et de l’éducation, par ailleurs directrice du cabinet. Ainsi, va-t-elle ajouter, « la prévention consiste à présenter les causes et les conséquences, alors que la sensibilisation, elle, exige de présenter, en plus des causes et des conséquences, les solutions pour combattre la violence ».
Du côté des apprenants du C.E.S. très réceptifs, il ressort un sentiment de satisfaction, quant à la quantité et à la qualité des informations reçues, tel qu’on peut l’apercevoir auprès de Vidal-David, élève en 2nde LE 3 :
« Une telle assise est vraiment importante, d’abord pour la vie humaine, mais aussi pour l’établissement qui, de jour en jour, vit ce quotidien-là. Et j’ai pu apprendre qu’il s’agisse de la violence physique ou de la violence psychologique, aucune d’elle n’est bonne, car l’une ou l’autre a forcément des conséquences négatives dans la vie de l’élève », va-t-il martelé.
Apparemment, c’est le même sentiment qui se dégage chez les dirigeants de l’établissement hôte, non sans dire l’importance d’une telle rencontre qualifiée d’ailleurs d’édifiante :
« Le phénomène des violences en milieu scolaire est un mal dans le système éducatif gabonais, un mal que les plus hautes autorités combattent, en tête desquelles Monsieur le Président de la République et Madame le Ministre de l’Education Nationale. Et cela interpelle les parents, les enseignants et les administratifs que nous sommes, à combattre la violence, pas par la violence, mais par des stratégies simples mais efficaces, à savoir : la collaboration avec les élèves, l’écoute et la sensibilisation », a laissé entendre Steeve Noël Ngouabe, directeur des études en charge de la vie scolaire au C.E.S. d’Avorbam.
En rappelant que la responsabilité éducative incombe avant tout aux parents, les intervenants vont insister sur le dialogue entre ces derniers et leurs enfants, ceux-là devant écouter ceux-ci et vérifier tout ce qu’ils mettent dans leurs sacs. Aussi, en considérant que la maison est le socle de l’éducation des enfants, les psychologues vont alors profiter de la présence du président de l’Association des parents d’élèves (APE) du C.E.S. d’Avorbam, Christian Mihindou, pour relayer l’information auprès des parents qu’il représente ; lequel y a répondu favorablement, tout en félicitant l’initiative.
Prévue s’étendre jusqu’au 22 de ce mois, cette campagne de prévention et de sensibilisation n’est pas portée qu’à l’endroit des élèves, mais aussi et surtout à l’endroit de la société tout entière, car c’est au sein d’elle que ces élèves acquièrent certains comportements les entrainant à poser les actes irréversibles.
François Adzui Nguere

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