Gabon/Journée mondiale de l’Ingénierie : Gisèle Laure Eyang Ntoutoume appelle à l’égalité homme/femme

 Gabon/Journée mondiale de l’Ingénierie : Gisèle Laure Eyang Ntoutoume  appelle à l’égalité homme/femme

Gisèle Laure Lanchais Eyang Ntoutoum en visioconférence, Tsang’Actu 04 mars 2021

Célébrée chaque 04 mars, la Journée mondiale de l’Ingénierie 2021 ne passera pas sous silence au Gabon, malgré le contexte de crise sanitaire généralisée. Déroulée en ligne grâce à la coordination de l’Unesco, cette Journée sera une occasion  en or donnée aux ingénieurs et élèves-ingénieurs gabonais, en général,  de s’exprimer, et particulièrement à Mme Gisèle Laure Lanchais Eyang Ntoutoume, Directeur de l’Ecole des ingénieurs de l’Université franco-gabonaise Saint-Exupéry (UFGSE) et Présidente de l’Amicale des ingénieurs sortis de l’ancienne Ecole nationale supérieure des ingénieurs de Libreville (ENSIL), qui n’a pas manqué de développer une communication à tonalité féministe.  

 

Instituée par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) en 2019, la Journée mondiale de l’Ingénierie pour le développement durable se célèbre depuis le 04 mars 2020. Une Journée qui vise à mettre en valeur les ingénieurs et leurs contributions au monde moderne et à améliorer la compréhension du grand public du caractère fondamental du travail des ingénieurs pour le développement durable.

Sous la coordination de l’Unesco, et rehaussée par la participation du Ministre gabonais en charge de l’Enseignement supérieur et de l’éducation nationale, par ailleurs Président de la Commission nationale de l’Unesco, Pr. Patrick Mouguiama Daouda, qui a procédé aux discours d’ouverture et de clôture des travaux, l’édition 2021 au Gabon, comme partout à ailleurs, est célébrée en ligne, pour des raisons de crise sanitaire mondiale due à la pandémie à Covid-19.

Autour du thème : « Bâtir un monde en bonne santé : l’ingénierie pour une planète saine », ingénieurs gabonais et élèves-ingénieurs de l’Ecole des ingénieurs de l’Université franco-gabonaise Saint-Exupéry (UFGSE) ont eu à s’exprimer de différentes manières. Occasion donnée aux ingénieurs d’apporter leurs contributions aux questions environnementales, de développement durable, d’intégration sociale,…en vue de tendre vers les objectifs de développement durable fixés par l’Assemblée générale de l’ONU en 2015, s’étendant jusqu’à 2030.

A cette 2ème édition, la question de l’inégalité homme/femme dans le monde professionnel et, particulièrement, dans le domaine de l’ingénierie, n’a pas manqué au chapitre. Une session ouverte sur le sous-thème « Formation des ingénieurs et réduction des inégalités femmes/hommes au Gabon », va permettre à Mme Gisèle Laure Lanchais Eyang Ntoutoume, Directeur de l’Ecole des ingénieurs de l’Université franco-gabonaise Saint-Exupéry (UFGSE) et Présidente de l’Amicale des ingénieurs sortis de la jadis Ecole nationale supérieure des ingénieurs de Libreville, de développer une communication à fort tonalité féministe.

Ingénieur en génie civil, Mme Eyang Ntoutoume, participant aux échanges par visioconférence, est en effet résolue à venir à bout d’une certaine logique socio-professionnelle qui semble être alimentée par la tradition patriarcale.  Elle estime que le problème d’inégalités entre les hommes et les femmes en milieux professionnels, particulièrement dans les métiers de l’ingénierie, est profond ; car il est lié à la culture, à la coutume ou à nos habitudes.

« Quand vous êtes une fille et que vous allez dans une école d’ingénieurs, on dit que vous êtes anormale ; car l’école d’ingénieurs a longtemps été considérée comme une école de garçons », fit-elle observer avec regret.

A elle d’ajouter avec emphase : « Quand vous êtes une femme et que vous exercez dans le domaine de l’ingénierie on vous qualifie de femme anormale. On va dire qu’elle n’a pas trouvé un mari dans la vie, elle ne peut pas faire d’enfants, elle a tout sacrifié pour s’investir dans le milieu professionnel ».

Pour l’ancienne Directrice des Grands travaux, cette attitude vise simplement à marginaliser la femme qui s’est engagée à faire un métier dit d’homme. Face à cela, elle recommande d’« opérer un changement profond de mentalité pour que l’homme arrive à regarder sa collègue comme étant son égale ». Pour Gisèle Laure Eyang Ntoutoume,  « être ingénieur, ce n’est pas la force physique qui compte, c’est le cerveau et, par conséquent, nous devons être pris au même niveau que nos collègues garçons aux mêmes compétences égales. On ne demande pas qu’on nous privilégie parce que nous sommes une femme, ce n’est pas ça… »

Ainsi, Gisèle Laure Eyang Ntoutoume appelle à l’égalité homme/femme, pour briser les pesanteurs qui font que les femmes soient traditionnellement sous-représentées dans les domaines des sciences de l’ingénierie, soit 10 à 20% des effectifs selon les dernières statistiques.

A titre de rappel, la résolution de la Conférence générale de l’Unesco proclamant la Journée mondiale de l’Ingénierie pour le développement durable met en exergue « la nécessité de lutter contre le manque d’effectifs féminins dans le domaine de l’ingénierie en mettant en lumière des modèles inspirants et en élaborant des programmes visant à encourager davantage les filles à envisager une carrière d’ingénieur ».

 

 

François Adzui Nguere

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François Adzui Nguere

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