Quelques temps après sa soutenance de thèse sur le thème 《Ethique et Gouvernance》, Edmiaune Zougha Mvomo a bien voulu nous accorder une interview afin de mettre en lumière son savoir en matière de bonne gouvernance dans notre pays. Découvrez ci-dessous l’intégralité de l’entretien.
Journalistes: Bonjour Madame ! Présentez-vous à nos lecteurs s’il vous plaît.
Edmiaune Zougha Mvomo: Je suis Edmiaune Zougha Mvomo, gabonaise et femme juriste ou femme de Droit, Conseiller du Ministre de l’Enseignement Supérieur.
Quel regard avez-vous sur le Droit au Gabon ?
J’ai un regard d’évolution. Je pense que le Droit a évolué au Gabon. Je peux prendre l’exemple de la loi 025/2023 qui porte sur la protection des données à caractère personnel. Je pense que c’est une loi qui a une belle réforme en ce sens qu’elle permet aujourd’hui de protéger les données et les confidentialités des personnes. Je ne suis pas sûre que cette loi existait 20 à 25 ans en arrière.
J’apprécie également la réforme sur le chef de famille dans le code civile où on ne parle plus d’hommes en tant que chef de famille mais plutôt d’autorité parentale. Ce qui met en exergue l’égalité de droits entre la maman et le papa.
Vous êtes une des rares femmes gabonaise à aller jusqu’au doctorat en matière de Droit. Quelle a été votre motivation ?
Je ne dirais pas que c’est rare, mais je peux dire que le domaine où je suis, notamment l’Enseignement Supérieur, j’ai eu la chance de voir plusieurs femmes agrégées et ayant le doctorat. Je suis également chanceuse d’avoir eu des parents qui m’ont accompagné et qui grâce à ce soutien aujourd’hui j’ai soutenu en Droit à l’UCAD au Sénégal. C’est une grâce et je remercie Dieu pour cela. Je ne fais pas partie des rares car nous sommes plusieurs.
Que faut-il à une femme pour aboutir à un parcours aussi brillant que le vôtre ?
Bien ! Je pense que en tant que femmes, nous avons plusieurs qualités, plusieurs aptitudes. Tout le monde n’est pas obligé d’avoir un parcours académique, et de ce côté je pense que j’ai de la chance, grâce à mes parents j’ai eu mes 5 diplômes de Master 2 au-delà de mon doctorat. Tout simplement dire que c’est l’amour qu’il faut. Chaque femme dans son domaine de compétence doit avoir de l’amour pour ce qu’elle fait, car avec l’amour le rayonnement va de soi.
Vous avez soutenu votre thèse doctorale sur 《L’éthique et la bonne gouvernance》. Pourquoi le choix de ce thème ?
Pourquoi la bonne gouvernance ? Je pense qu’aujourd’hui c’est l’un des maux qui détruit les gouvernants et les pays par le comportement que les uns et les autres ont sur la gestion de la chose publique. Donc réfléchir sur la bonne gouvernance pourrait contribuer à améliorer la performance et la rentabilité des opérations dans la transparence, et je pense que cela pourrait causer le rayonnement de notre pays le Gabon.
Quel rapport de l’éthique et la bonne gouvernance dans le contexte du Gabon ?
Etant entendu que je l’ai circonscrit dans le Droit OHADA, et même cette bonne gouvernance s’étend dans le domaine public, il faut dire que aujourd’hui le Gabon fait partie des 17 pays membres de l’OHADA.
Le rapport de ma thèse avec le Gabon est parti d’un constat, celui de voir que nous avons un problème de bonne gouvernance. Donc pour ma part, il fallait réfléchir sur cette question pour pouvoir améliorer la gestion publique et même privée pour contribuer à la restauration de nos institutions.
Quelles solutions proposez-vous dans votre document pour l’amélioration de ce secteur au Gabon ?
Il y a plusieurs choses évidemment que je propose. Déjà depuis que je suis arrivée, j’observe par les médias et autres ce qui se passe et je pense qu’il faut commencer par une campagne de sensibilisation afin d’amener les uns et les autres à une prise de conscience d’abord individuelle pour promouvoir ces principes d’éthique qui peuvent améliorer et assainir la bonne gouvernance. Il faut également procéder à des formations, des séminaires, à la vulgarisation de ces principes, et cela passe par la prise en compte des codes de respect, l’applicabilité des codes d’éthique et de déontologie, les codes de bonne gouvernance pour que la population comprenne ce que c’est et ce qu’on entend par « Bonne gouvernance ».
Un message particulier à lancer aux autorités ?
De prime abord je félicite et remercie les autorités de la Transition parce que actuellement ils font un travail de rassemblement de toutes les énergies qui peuvent contribuer à la restauration des institutions dans notre pays. Je salue l’initiative de ces principes qui sont mis en exergue.
Je félicite le CTRI pour cette belle et noble initiative de restauration. Que celle-ci soit plus effective afin de mieux contribuer à notre essor vers la félicité .
Mot de fin
« Tout ce que je peux dire c’est qu’il y a encore beaucoup de choses à faire
Le Gabon est encore un grand chantier. Nous qui revenons de la diaspora avons beaucoup à apporter sous l’impulsion du Président de la République. J’appelle à la patience des uns et des autres, soyons patients. Il y a des choses qui ont commencé à être faites, beaucoup le seront davantage.
Il est certes vrai qu’on ne peut pas restaurer les institutions en 10 mois, même en 7 ans on n’y arrivera pas, nous avons quand-même 60 ans de retard ! Ce que je peux dire c’est cultivons la patience, l’humilité, l’amour, la solidarité, ayons des ambitions tous ensemble pour contribuer au rayonnement de notre pays »

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