Le Syndicat National des Magistrats du Gabon (SYNAMAG) a tenu un point de presse ce mardi 30 mai 2023 au sein du palais de justice de Libreville. Une communication qui a fait l’objet d’un mutisme face au gouvernement qui fait la sourde oreille aux revendications des magistrats.
Le SYNAMAG observe depuis plusieurs mois une grève qui a trait à l’adoption du nouveau statut qui répond aux standards internationaux et qui met les magistrats à l’abri du besoin. Ce statut qui constitue le contenu du cahier de charges déposé auprès du gouvernement depuis décembre 2022, et dont les points de revendication s’articulent essentiellement sur les meilleures conditions de vie et de travail des magistrats.
« Ce présent point de presse est une réaction au mutisme du gouvernement à trouver une solution dans la crise qui persiste dans le fonctionnement de la justice depuis quasiment six mois. Depuis le déclenchement de cette grève le 21 décembre 2022, le gouvernement ne se meut pas de voir la Cour et tribunaux du pays à l’arrêt de ses activités. Cela se justifie à la cadence de l’insouciance à résoudre les cinq points de revendication des magistrats.
Peuple gabonais, le gouvernement saisi du cahier de charges de cette grève générale illimitée depuis décembre 2022, a focalisé son énergie à vouloir discréditer le mouvement de grève en distillant dans la société gabonaise que les magistrats faisaient grève pour les questions de véhicule alors qu’en réalité cette grève n’est rien d’autre qu’un ras-le-bol d’un constat de l’état de déliquescence de notre système judiciaire.
Peuple gabonais, mesdames et messieurs, notre justice est malade, tant dans son organisation que dans son fonctionnement. Les magistrats chargés de dire le droit sont relégués au second plan des priorités du gouvernement. La durée de cette grève inédite en est la parfaite illustration. Ce qui arrive dans notre pays n’a pas de comparaison ailleurs…
Peut-on parler de démocratie dans un pays avec un appareil judiciaire complètement en lambeau ? Les revendications légitimes du pouvoir judiciaires ne sont autres que l’adoption du projet portant statut des magistrats qui vise un meilleur fonctionnement de la justice; la promotion des valeurs éthiques et déontologiques; l’amélioration des conditions de vie et de travail des magistrats ; la dotation en moyen roulant conformément au décret n°861 du 28 octobre 2013; la dotation des magistrats en costumes d’audience conformément à l’article 50 de la loi n°19/94 du 7 septembre 1994 portant statut des magistrats; la construction des sièges devant abriter les hautes cours et tribunaux; la régularisation des situations administratives des promotions 2007, 2008, 2009 et 2011… » a déclaré Germain Nguema Ella , le président du SYNAMAG.
Il est malheureux de constater que jusqu’à ce jour, le gouvernement n’a trouvé aucune solution sur ces cinq points susmentionnés. L’on se demande quels sont finalement les objectifs du gouvernement à se complaire dans cette situation de non droit quand on sait que la justice constitue l’un des piliers du pacte citoyen et républicain dans un pays et qu’elle est au cœur du fonctionnement de la société.
Notons que les magistrats sont à bout de souffle. Face à ce silence inacceptable du gouvernement, ces derniers disent s’acheminer vers une année judiciaire blanche si rien n’est fait dans l’urgence.

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