Vœux de nouvel an au Chef de l’Etat gabonais

Vœux de nouvel an au Chef de l’Etat : posture militante du représentant de la presse nationale

Vœux de nouvel an au Chef de l’Etat : le DP Zang Mengue fustige la posture militante du représentant de la presse nationale

Vœux de la Presse nationale au Couple Présidentiel le 07 janvier 2020, le journaliste diplomatique et Directeur de publication de Forever Magazine, David Zang Mengue, recadre le représentant de la presse nationale lors de ce rituel républicain. En effet, sur sa page facebook, le DP de Forever Magazine fustige la posture militante de monsieur Mebang Me Nze supposé parler au nom de toute la corporation. Nous vous proposons en intégralité la réaction de monsieur Zang Mengue.

« Comme il est de tradition en début de chaque année, les Corps constitués, entre autres, adressent au Couple Présidentiel, les vœux de nouvel an. Ce rituel républicain est une occasion privilégiée pour les représentants des différents Corps constitués y compris la presse gabonaise, de présenter à la Prééminence institutionnelle gabonaise, Ali Bongo Ondimba, leurs besoins, attentes et ambitions pour la nouvelle année.

Coopté pour être le représentant des desiderata de la presse publique et celle dite privée dont les apports sont pourtant indispensables dans le renforcement et l’ancrage de notre jeune démocratie, le Journaliste Roger Mebang Me Nze, au travers de son rendu, m’a étonné à plus d’un titre hier, 07 janvier au Palais du bord de Mer, lors de ce rituel républicain.

Appelé en effet à présenter au Président de la République, Ali Bongo Ondimba, les besoins, les attentes et les ambitions de toute la presse nationale dans sa diversité, le  représentant de la presse nationale, journaliste de formation, a donné l’impression de n’avoir pas consulté les journalistes dits privés aux fins de s’enquérir des besoins réels et spécifiques dudit secteur. En un mot, on a eu comme l’impression que ce dernier était en mission commandée : Plaider, entre autres pour Africa N°1, l’Agence Gabonaise de Presse, dont il est PCA ; plaider pour que la redevance audiovisuelle et cinématographique (RAC) soit équitablement repartie aux media publics. Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi.

Cependant, là ou le bas blesse, c’est le fait que le représentant de la presse, supposé être le pontife circonstanciel entre la presse nationale et le Président de la République, n’aura pas été à la hauteur de la mission qui lui a été assignée .

En effet, l’on se serait attendu à ce qu’il parvienne à rappeler au Président de la République que  la subvention allouée annuellement par l’Etat à la Presse écrite et en ligne, décroit de manière inquiétante d’année en année ; qu’elle est partie de 500 millions de FCFA dans un passé récent à presque 100 millions de FCFA pour plus de 300 organes de presse, si je n’extrapole pas. Une baisse drastique qui n’aide pas le renforcement de la démocratie et de l’Etat de droit, en ce sens qu’elle tue, à petit feu, les entreprises de presse écrite privées et développe , entre autres, le journalisme militant , le mercenariat journalistique responsables des dérives éthiques et déontologiques visibles et décriés par tout le monde. Curieusement, devant le Chef de l’Etat, Mebang Me Nze s’est plutôt érigé en autorité de régulation, pour dénoncer les dérives éthiques et déontologiques d’« une certaine presse ». Etait-il mieux placé pour le faire ? En agissant ainsi, voulait-il montrer au Chef de l’Etat qu’il aurait eu tort de créer une instance de régulation à même de canaliser les journalistes ? Ou bien, voulait-il montrer au Président de la République que la presse gabonaise était capable de s’autoréguler ?

Toujours est-il que, au sujet de la subvention annuelle allouée à la presse privée, certains vont dire qu’un opérateur économique privé, en l’occurrence un chef d’une entreprise de presse, ne crée pas sa structure pour être financé par l’Etat. Et pourtant, dans tous les pays qui ont opté la démocratie comme forme de l’Etat, la presse est accompagnée à plusieurs niveaux par l’Etat, afin qu’elle joue pleinement son rôle d’aiguillon de la société et d’historien du temps présent.

C’est d’ailleurs le sens de la mise en orbite par l’Etat gabonais de la Redevance audiovisuelle et cinématographique (RAC), une taxe créée en support aux organes de presse audiovisuels et cinématographiques publics de plus en plus précaires financièrement.

Au regard de ce qui précède, il est donc curieux de voir le représentant de la presse militer avec la dernière énergie en faveur de la RAC, tout en occultant sa ferveur militante vis-à vis de la subvention annuelle allouée à la presse privée, alors que son discours devant le Président de la République, au nom de l’ensemble de la presse nationale , aurait dû être une occasion en or, de présenter au chef de l’Etat des propositions concrètes à même de palier la chute vertigineuse de la subvention annuelle allouée à la presse privée. Tel n’a pas été le cas ! Peut-être pensait–il que la presse privée est la roue du carrosse. Erreur.

En effet, au-delà de la prestation d’hier de Monsieur Roger Mebang Me Nze, il faut le dire sans ambages : Certains journalistes fonctionnaires ont développé un complexe de supériorité vis-à-vis des journalistes privés . Pour eux, les journalistes dits privés seraient dépourvus d’expertise journalistique, de sorte qu’on a comme l’impression qu’ils avancent ces préjugés dans le seul et unique but de dénigrer leurs confrères du secteur dit privé .Or, comme dans tous les corps de métiers, la presse nationale regorgerait aussi en son sein ses brebis galeuses. En clair, autant il existe des journalistes militants, voire des mercenaires de la plume dans le privé, autant on en trouve dans le public. Autant il existe des journalistes professionnels dans le public, autant il en existe dans le privé. Conclusion : La presse publique et celle dite privée sont donc dans le même bateau.

C’est pourquoi, sans aller par quatre chemins, il est évident qu’au regard du climat sociopolitique délétère bien perceptible, le Gabon est à la croisée des chemins. Dans une telle ambiance, tout comme en période douce, les journalistes publics ou privés, fonctionnaires de la vérité des faits, ont un rôle capital à jouer en vue du raffermissement de l’Etat de droit. Leurs différentes doléances au Chef de l’Etat en vue de leur montée en puissance, doivent être présentées de manière objective, lorsque l’occasion se présente, comme ce fut le cas hier. Tout compte fait, le journaliste public et celui dit privé sont complémentaires. En effet, là ou s’arrête la marge de manœuvre du journaliste public, commence celle du journaliste privé en vue de la consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit.

Vivement, que dans le futur, ceux qui seraient appelés à présenter les vœux de la presse et à soumettre les besoins, attentes et ambitions de la presse nationale au Président de la République, Ali Bongo Ondimba, adoptent un discours fédérateur et non egocentrique car, jusqu’à preuve du contraire, au Gabon, la presse publique et celle dite privée ont les mêmes problèmes aux plans de la formation, du financement ; de l’éthique et de la déontologie qui régissent l’exercice du journalisme en terres gabonaises. L’occasion qui est offerte chaque année de s’adresser au Président de la République, afin qu’il continu à aider la presse nationale à grandir, ne doit, sous aucun prétexte, être le lieu où les uns et les autres viennent prêcher pour leur chapelle. »

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