Fournitures d’électricité et d’eau au Gabon, 70 ans après, les populations peinent toujours à y avoir accès facilement

Créée en 1950, la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) s’est assignée la mission de service public consistant à fournir l’électricité et l’eau sur l’ensemble du territoire national. Un peu plus de 70 ans après sa création, cette entreprise monopolaire dans le domaine ne parvient toujours pas à répondre aux besoins ardents en énergie électrique et en eau potable des populations ; lesquelles peinent vraiment à y avoir accès.

 

 

Aussi bien dans les zones urbaines que dans les zones rurales, l’électricité et l’eau demeurent encore une véritable denrée rare pour de nombreux Gabonais. Ces derniers, quand ils en ont la possibilité, accèdent avec beaucoup de difficultés à ces produits vitaux et se trouvent généralement butés à plusieurs aléas, notamment la qualité d’eau et les délestages abusifs.

 

 

A côté de ces difficultés, il y a la misère des factures à payer. La consommation en électricité se trouve de jour en jour amoindrie, eu égard aux différents prélèvements opérés sur les tickets de recharge EDAN. Par exemple, pour un ticket moyen de 5000 FCFA, le consommateur se retrouve à ne consommer qu’à peu près 4000 FCFA, après qu’il ait subi certains prélèvements, tels que la CSS (Consommation spéciale à la solidarité), la CSOM (Consommation spéciale pour ordures ménagères) et la TVA (Taxe sur la valeur ajoutée). Outre cela, il y a que la consommation en eau est parfois chiffrée à des montants exorbitants, alors même qu’aucune goutte d’eau n’a coulé du robinet. « On paie le vent », peut laisser entendre un consommateur.

 

 

Le magazine en ligne La Tribune Afrique de l’Energie (https://afrique.latribune.fr), dans sa parution du 24 octobre 2019, révèle que 81,5% de la population gabonaise de 2 millions d’habitants bénéficie de l’un des meilleurs taux d’accès à l’électricité du continent africain, même s’il existe de très grandes disparités. Si le taux est de 85% en zone urbaine,
il n’est que d’environ 35% en zone rurale.

 

Seulement, ces chiffres se trouvent contredits par la réalité quotidienne des Gabonais, car plusieurs sont ces ménages qui habitent dans les zones où les services de la SEEG n’ont pas accès. Ici se pose également les problèmes de planification et d’urbanisation tributaire d’une politique irrationnelle et opaque en la matière.

Barrage d’eau

 

Selon les chiffres officiels de cette année, les zones rurales gabonaises comptent 25% de la population du pays, soit 400 000 personnes. Les taux d’accès à l’électricité et à un point d’eau sont estimés à respectivement 15% et 43%. Ainsi, pour répondre aux besoins des populations rurales et autres, les autorités en charge de l’énergie et des ressources hydrauliques disent développer d’ici 2035 un accès universel aux services de fourniture d’énergie électrique et d’eau potable sur l’ensemble du territoire.
Comment comprendre alors que 70 ans après l’Etat gabonais soit encore dans des promesses sur des urgences aussi vieilles que celles de l’électricité et l’eau ?

 

Ayant repris ses droits sur la SEEG en 2018, après avoir résilié le contrat de concession de 20 ans avec le groupe Veolia Eau, les gouvernants ne parviennent malheureusement pas toujours à répondre aux attentes en électricité et en eau des populations. Une situation qui handicape sincèrement la vie sociale des Gabonais.

 

Il y a alors lieu de repenser la politique de production, de transport et de distribution d’eau et d’électricité au Gabon. Cela nécessite une proposition alternative de gestion étatique qui mette de l’accent sur des questions sociales telles que l’eau et l’électricité.

 

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