Gouvernance de Brice Clotaire Oligui Nguema: la nécessité d’un parti politique pour structurer l’espérance 

L’édito par Wilfried Obame Ndong

 

Élu à 94,85 % en tant qu’indépendant, le Président de la République bénéficie d’une légitimité historique. Pourtant, depuis l’annonce de l’Assemblée générale de son mouvement politique, certaines voix s’interrogent : pourquoi un tel projet, alors que la Constitution de la 5ᵉ République ne l’impose pas ? Cette interrogation est légitime, mais elle mérite d’être dépassée, car gouverner ce n’est pas seulement exercer le pouvoir, c’est organiser une vision, donner forme à l’espérance, et bâtir dans la durée.

 

Une victoire personnelle, un projet collectif

L’élection présidentielle a révélé l’adhésion massive d’un peuple à un homme. Mais la transformation d’un pays ne repose pas uniquement sur une personne, fût-elle charismatique. Créer un parti politique, c’est passer du moment électoral au mouvement structuré, du vote à l’action, de l’enthousiasme à l’engagement.

 

Le Président ne cherche pas à se fabriquer une machine de pouvoir. Il cherche à donner un cadre solide à l’élan populaire, une plateforme d’idées, un espace d’organisation et de mobilisation. C’est une manière de faire entrer l’espérance dans une structure durable.

 

Une Constitution qui libère, mais n’interdit pas d’organiser

La nouvelle Constitution est claire : le Président est Chef de l’État et Chef du Gouvernement. Il ne dépend pas d’une majorité parlementaire et ne peut être renversé par une motion de censure. En résumé, il n’a pas besoin de parti pour se maintenir au pouvoir.

 

Mais ce serait une erreur de croire qu’un Président, aussi légitime soit-il, peut tout porter seul. Ce que la Constitution rend possible, la politique le rend nécessaire : bâtir une force d’idées, structurer les relais locaux, et offrir une boussole politique à ceux qui partagent la même vision du pays.

 

Rompre avec l’ancien système

L’ancien régime fonctionnait sur la base de partis verrouillés, de jeux d’alliances opaques et de majorités construites pour protéger un exécutif contesté. Ce modèle a été balayé le 30 août 2023.

 

Aujourd’hui, il s’agit non pas de revenir à ces pratiques, mais d’inventer un nouveau rapport à la politique, plus ouvert, plus sincère, plus orienté vers le service public.

Un parti politique dans ce nouveau contexte aura pour mission de porter les réformes, former les futurs cadres, et faire vivre le débat au service de la nation.

 

Une maison pour l’engagement national

Le parti annoncé par le Président ne sera pas un outil de contrôle, mais un cadre pour l’action. Il donnera la parole à tous ceux qui veulent s’engager : les jeunes, les femmes, les intellectuels, les citoyens de tous horizons. Ce sera un espace de dialogue, de propositions et de travail collectif, loin des appareils rigides du passé.

Parce que gouverner, ce n’est pas s’imposer, c’est fédérer. Et pour fédérer, il faut un cadre, une maison commune : un parti politique structuré, crédible et tourné vers l’avenir.

 

Le Président a été élu sans parti. Mais pour réussir la transformation qu’il incarne, il a raison de vouloir s’appuyer sur une force collective, organisée, durable et ouverte.

Parce que l’espérance ne suffit pas à changer un pays. Elle doit être structurée, portée et traduite en action.

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