La crise de l’électricité et de l’eau au Gabon a franchi un nouveau seuil de tension. Lors d’une récente réunion avec les responsables de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG), le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a exprimé son agacement face à la persistance des délestages et des coupures d’eau qui perturbent le quotidien des populations.
« Ne cherchez pas à me plaire. Il faut répondre aux problèmes des Gabonais », a-t-il lancé aux responsables de la société publique, dans un ton inhabituellement ferme. Une déclaration qui sonne comme un rappel à l’ordre, alors que les plaintes des citoyens se multiplient depuis plusieurs mois dans plusieurs villes du pays.
Le président a exprimé son ras-le-bol face à une crise persistante au cours de cette rencontre. Il n’a pas caché son mécontentement. Les délestages répétés, parfois plusieurs fois par jour, et les coupures d’eau prolongées sont devenus une réalité quotidienne pour de nombreux ménages. Dans certains quartiers, l’électricité disparaît pendant des heures, paralysant les activités économiques, perturbant les commerces et compliquant la vie des familles. Quant à l’eau potable, son absence oblige souvent les populations à se débrouiller avec des moyens de fortune.
Face à cette situation, le président a clairement exigé des résultats concrets. Pour lui, les responsables de la SEEG doivent sortir du discours administratif et apporter des solutions rapides aux difficultés que vivent les Gabonais.
Si la sortie du président est saluée par certains comme un signal fort, elle traduit surtout un malaise profond au sein de la société gabonaise. Depuis plusieurs années, les problèmes d’électricité et d’approvisionnement en eau reviennent régulièrement, malgré les promesses d’amélioration.
Dans les quartiers populaires comme dans certaines zones urbaines, la patience des populations s’érode. Les délestages perturbent la conservation des aliments, empêchent les petits commerces de fonctionner normalement et rendent les nuits difficiles pour de nombreuses familles. Pour beaucoup de citoyens, ces difficultés sont devenues un symbole des faiblesses structurelles dans la gestion des services publics essentiels.
Malgré la fermeté affichée par Brice Clotaire Oligui Nguema, la majeure partie de la population reste sceptique. Les Gabonais ont déjà entendu plusieurs promesses d’amélioration dans le passé, sans que la situation ne change durablement.
Sur les réseaux sociaux et dans les discussions de rue, le sentiment dominant est celui de la lassitude. Beaucoup estiment que les déclarations fortes doivent désormais se traduire par des actions visibles : investissements, modernisation des infrastructures et amélioration réelle du service.
La réunion avec la SEEG apparaît donc comme un moment de vérité. Le président a clairement fait comprendre que la priorité doit être la résolution des problèmes quotidiens des citoyens, et non la recherche de discours rassurants.
Mais au-delà des mots, les Gabonais attendent désormais des résultats tangibles. Car dans un pays riche en ressources, l’accès régulier à l’eau et à l’électricité reste pour beaucoup une promesse encore inachevée.
Et pour une population éprouvée par les coupures répétées, une question revient avec insistance: les choses vont-elles enfin changer, ou s’agit-il d’une nouvelle mise en garde qui restera sans lendemain ?

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