Conflit Homme/Faune: Les organisations de la société civile apportent leur contribution à cette problématique

Depuis quelques années, l’on observe une recrudescence des tensions dans le partage de l’espace entre la faune et les êtres humains. Les conflits homme-faune sont devenus légions en Afrique Centrale, et le Bassin du Congo qui est le deuxième vaste étendu de forêts tropicales et dont fait partie le Gabon, n’échappe pas à cette problématique. Dans ce petit pays d’Afrique Centrale, le conflit homme-faune prend des proportions inquiétantes. C’est dans cet optique que la société civile a présenté sa contribution au cours d’une rencontre organisée ce vendredi 12 novembre 2021 dans un restaurant de la place avec des partenaires, et qui a pour objectif d’atténuer les conflits sur l’ensemble du territoire.

Vue de l’assistance

Le Gabon est reconnu comme étant un sanctuaire pour plusieurs espèces fauniques. Selon le rapport de l’Agence Gabonaise d’Etudes et d’Observations Spatiales(AGEOS), sa riche  biodiversité est constituée d’environ 190 espèces de mammifères, près de 722 espèces d’oiseaux, plus de 88 espèces d’amphibiens et au moins 120 reptiles. Il s’agit entre autres des gorilles, des chimpanzés, des baleines, des éléphants de forêts pour ne citer que cela. Cependant, cette biodiversité partage l’environnement avec les humains qui exploitent l’espace pour des activités champêtres, et la forte croissance de ces activités devient une source de conflit. Dans l’espoir d’y remédier efficacement, la société civile entend s’impliquer activement par sa participation en plaçant l’homme au centre de la conservation et de la protection des ressources naturelles.

«Nous nous sommes réunis ce jour avec les parties prenantes, donc les bailleurs de fonds et les membres de la société civile pour faire une communication sur le conflit homme-faune qui fait grand bruit actuellement. Nous avons décidé de contribuer à ce débat national et d’accompagner le gouvernement dans la politique qu’il met en place pour trouver des solutions idoines face à ce conflit. Donc nous attirons l’attention du gouvernement afin qu’il mette l’homme au centre de ce conflit. Il faut trouver des solutions qui protègent l’homme qu’il gouverne mais aussi pour la nature et l’environnement qu’il est sensé sécuriser», a précisé Léon Mebiame Ossavou, Commissaire Général de l’ONG Terre et Communautés(TrCom).

Léon Mebiame Ossavou, Commissaire Général de l’ONG TrCom

Selon cette organisation de la société civile, la principale cause du conflit homme-faune est le dérangement de l’habitat naturel de l’éléphant. Cette idée est soutenue par la problématique qui se pose sur le permis forestier et l’activité forestière intense, car il y a près de 20 ans en arrière ce genre de conflit se faisait rare contrairement à ces derniers temps où il s’est accru.

Dans leur proposition de solutions, la société civile tient compte des trois dimensions impératives du développement durable qui sont sociale, environnementale et économique. Cela sous-entend respectivement que le développement des activités ne doit pas nuire à la cohésion sociale, il doit plutôt garantir à tous l’accès aux ressources et services de base; le développement des activités ne doit pas nuire à la capacité de renouvellement des ressources naturelles ou au bon fonctionnement des milieux naturels; le développement ne doit pas favoriser la montée de la pauvreté, il doit au contraire permettre l’exercice par le plus grand nombre d’une activité économique dignement rémunérée.

 

Aussi, sur le court, moyen et long terme, l’ensemble des parties prenantes a suggéré de clarifier le cadre de qualification juridique du conflit homme-faune au Gabon, de mettre urgemment en place un mécanisme d’évaluation des dégâts et d’indemnisation financière par la prise d’un texte judiciaire; de réintroduire les battues administratives dans les cas d’extrême nécessité; de délimiter et sécuriser les terroirs forestiers villageois pour promouvoir l’agriculture paysanne et les activités rurales de subsistances; de procéder aux retours au Domaine de certaines concessions forestières ainsi qu’à la construction des barrières électriques en impliquant les communautés.

 

L’Union Européenne via son programme régional ECOFAC6 qui soutient la conservation de la biodiversité et la promotion de l’économie verte en Afrique Centrale et la réflexion globale de la question de conflit homme-faune, vient en appui à la société civile dans sa contribution  sur cette problématique. Selon son représentant, Maxime Nzita Nganga, Chef de Mission Régionale du Programme ECOFAC6, «l’ensemble des pays du Bassin du Congo forestier fait face à ce problème récurrent de conflit Homme-Faune. Pour le cas du Gabon, avec près de 95% de couverture forestière avec une densité faunique assez importante, on a plus de chance que ces conflits deviennent plus importants et plus répétitifs. C’est dans ce cadre que nous soutenons la réflexion de la société civile qui est là pour non seulement proposer des solutions, mais également contribuer à la stratégie nationale qui est en gestation au niveau du gouvernement ».

Maxime Nzita Nganga, Chef de Mission Régional du Programme ECOFAC6

Pour l’heure, cette problématique est sur la table des plus hautes autorités. Il revient donc au gouvernement de trouver des solutions palliatives à ce problème qui perturbe la tranquillité tant chez l’homme que chez l’espèce animale. D’ailleurs des assises nationales à ce sujet auront lieu au mois de décembre prochain où on espère que des solutions convenables seront adoptées pour permettre de régler efficacement ce problème qui d’une part endeuille des familles et détruit des activités agricoles, mais menace aussi la biodiversité d’autre part.

 

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