Gestion des déchets plastiques au Gabon: à l’approche de la Semaine nationale de l’environnement, la société civile interpelle l’Etat et les industriels

Libreville, mai 2026. A quelques jours de la célébration de la Semaine nationale de l’environnement, la question de la gestion des déchets plastiques revient avec insistance dans le débat public. Dans plusieurs quartiers de Libreville, les images parlent d’elles-mêmes: caniveaux obstrués, rivières polluées, espaces publics envahis de bouteilles plastiques.
Pour de nombreux acteurs de la société civile, cette réalité visible au quotidien traduit l’urgence de mettre en place des mesures concrètes et durables afin de lutter contre la pollution environnementale au Gabon.
C’est dans ce contexte que l’ONG Action Sociale Internationale (ASI-ONG), dirigée par Alain Fabrice Vikings KOUMBA, appelle les autorités publiques et les industriels à engager des réformes immédiates sur la gestion des emballages plastiques.

Une vue des déchets plastiques dans un coin de la capitale gabonaise

Selon ASI-ONG, chaque bouteille plastique mise sur le marché possède un fabricant, un importateur et un prix de vente, mais aucun véritable responsable légal chargé de sa récupération après usage.
Une situation qui favorise l’accumulation des déchets dans les quartiers populaires, les cours d’eau et les espaces publics.

« A l’approche de la Semaine nationale de l’environnement, il est important que nous parlions avec honnêteté des réalités que vivent nos populations. Ce que nos quartiers montrent aujourd’hui est plus fort que tous les discours. La pollution plastique est devenue une urgence environnementale et sanitaire « , affirme Alain Fabrice Vikings KOUMBA.

Alain Fabrice Vikings KOUMBA, Président de l’ASI-ONG

 

Face à cette problématique, l’organisation met en avant trois leviers qu’elle juge immédiatement applicables.

Une consigne nationale sur les bouteilles PET

ASI-ONG propose l’instauration d’un système de consigne nationale allant de 25 à 50 FCFA par bouteille plastique rapportée. Pour l’organisation, cette mesure permettrait non seulement de réduire les déchets visibles dans les villes, mais aussi de transformer le secteur informel en véritable acteur de la collecte et du recyclage.
« Le secteur informel peut devenir une solution nationale si nous lui donnons un cadre économique viable. Beaucoup de jeunes et de familles pourraient participer à la collecte des déchets tout en générant des revenus « , explique Alain Fabrice Vikings KOUMBA.

Appliquer le principe du pollueur-payeur

L’ONG plaide également pour l’application du principe du pollueur-payeur, qui obligerait les industriels à financer la collecte et le traitement des emballages qu’ils commercialisent.
Une approche déjà adoptée dans plusieurs pays africains comme le Rwanda, le Kenya ou encore le Sénégal.
Pour ASI-ONG, cette responsabilité partagée entre producteurs et pouvoirs publics constitue une étape essentielle vers une économie plus respectueuse de l’environnement.

Lever les obstacles aux initiatives citoyennes

Autre préoccupation soulevée: le coût élevé des agréments liés au recyclage. Selon l’organisation, le montant actuel estimé à 1.000.000 FCFA décourage de nombreuses initiatives citoyennes et entrepreneuriales.
« La société civile gabonaise ne demande pas l’assistanat. Elle demande simplement un cadre légal accessible pour agir efficacement aux côtés de l’État dans la protection de l’environnement », insiste le président de l’ASI-ONG.

 

À travers cette interpellation, ASI-ONG souhaite profiter de la dynamique de la Semaine nationale de l’environnement pour encourager une prise de conscience collective sur la gestion des déchets au Gabon.
Pour l’organisation, la question n’est désormais plus de savoir s’il faut agir, mais plutôt de déterminer à quelle vitesse les différents acteurs accepteront de mettre en place des solutions durables pour préserver les villes, les rivières et les générations futures.

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