Le maire Jean Mve est-il désormais sur une chaise éjectable ?

 Le maire Jean Mve est-il désormais sur une chaise éjectable ?

Installé à la tête de la commune de Mitzic, dans la province du Woleu-Ntem, au nord du Gabon, à l’issue des élections locales de septembre et octobre 2018, le maire Jean Mve Mba se trouverait aujourd’hui en dissension avec certains de ses pairs du Conseil municipal. Situation qui ne serait pas de nature à lui permettre d’avoir une grande marge de manoeuvre dans sa gestion et qui, surtout, menacerait sa chaise municipale.

 

Les élections législatives et municipales jumelées des 25 septembre et 27 octobre derniers ont permis le renouvellement de la classe politique tant au niveau de la représentation nationale que locale, aux fins de répondre efficacement aux différentes aspirations et doléances des populations gabonaises.

A l’issue de ces élections, précisément locales, la commune de Mitzic, ville située au nord du Gabon, dans le département de l’Okano, par la province du Woleu-Ntem, a fait transférer le pouvoir de gestion de sa mairie des mains de l’ancienne équipe issue majoritairement des rangs de l’opposition (Union Nationale) aux mains d’une nouvelle équipe qui, elle, va être à forte coloration du parti au pouvoir, le Parti Démocratique Gabonais (PDG). C’est de là qu’est pioché le maire actuel, Jean Mve Mba, qui serait désormais en disconvenance avec certains de ses pairs du Conseil municipal, y compris avec quelques-uns de sa formation  politique.

En effet, de certaines sources locales concordantes, le maire de la commune de Mitzic serait sur le point de perdre son mandat. Pour preuve,  12 conseillers municipaux, soit 5 de l’Union Nationale (UN), 2 de l’Union Pour la Nouvelle République (UPNR), 2 de Démocratie Nouvelle (DN) et 3 du PDG, seraient actuellement sur le point de signer une motion  de censure pour faire valider un vote de défiance au prochain Conseil municipal contre le maire Jean Mve. Mais quel en serait le motif ?

Les conseillers municipaux de cette commune du sud du Woleu-Ntem, très riche en sol et sous-sol, reprocheraient au maire  trois choses, à savoir : (1) le détournement des recettes municipales, du fait que des 27 millions de recouvrement depuis sa prise de fonction, seulement 6 millions seraient allés au Trésor public et le reste se trouverait manipulé dans une sorte de blanchiment consacré à l’impression des carnets de recouvrement chez un opérateur éconoimique exerçant à Kye-Ossi, une ville du Cameroun, rompant ainsi avec le circuit traditionnel et local d’impression ; (2) le maire aurait recruté plus de 19 agents de renseignement qu’il payerait chaque fin de semaine avec l’argent du contribuable local pour espionner la population de Mitzic à des fins dont lui-même serait le seul maître à connaître ; (3)  les carnets de recouvrement de la mairie seraient gérés par sa fille aînée.

Autant de raisons qui motiveraient les 12 des 19 conseillers municipaux que compte la commune de Mitzic, à demander le départ du maire PDG Jean Mve Mba à la tête de la mairie.

Tout de même, une équation reste à démêler : celle relative à la succession de ce dernier. Autrement dit : qui serait bien placé actuellement à accéder à la tête de la mairie de cette commune de plus de 5000 âmes ?

Trois noms se feraient ressentir dans les coulisses, à savoir : le conseiller issu de l’UN, Alain Mba Akoue ; le conseiller PDG Guy Aimé Mve et l’autre conseiller PDG Nsi Mba Joseph. Et la logique politique de circonstance voudrait que le poste d’adjoint au maire revienne à DN ou à l’UPNR.

Au cas où tout serait avéré, la question de la succession au faîte de la mairie de la commune de Mitzic deviendrait alors un enjeu politique important, qui viendrait ré-exhumer le problème relatif à la démarcation entre la gestion des affaires publiques courantes et celle des affaires privées.

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François Adzui Nguere

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