Un climat d’incertitude plane autour des élections professionnelles de 2026 au Gabon. Lors de la conférence de presse tenue ce lundi 4 mai 2026, la Fédération des Travailleurs du Gabon (FETRAG) a exprimé de vives préoccupations face au silence persistant de la Commission nationale des élections professionnelles, notamment sur l’annonce des tendances des résultats, pourtant attendues dans les délais réglementaires.
Selon Jocelyn Louis Ngoma, Secrétaire Général de la FETRAG, le calendrier électoral n’a pas été respecté, en raison de multiples incohérences techniques constatées sur le terrain. Une situation qu’il juge préoccupante, car elle remet en cause la crédibilité même du processus électoral. Il rappelle que la Commission électorale dispose de la compétence de proclamer les résultats provisoires, et appelle cette dernière à assumer pleinement ses responsabilités.
La FETRAG va plus loin en estimant que les dysfonctionnements observés pourraient justifier une annulation pure et simple du scrutin. L’organisation syndicale accuse la Commission nationale des élections professionnelles d’avoir failli à ses missions, évoquant même une forme de boycott vis-à-vis du ministère de tutelle.
Pour étayer sa position, la FETRAG s’appuie sur l’Arrêté n° 000147/MTEFP/SG/DGTMOE/DTR du 26 avril 2001, qui encadre l’élection des délégués du personnel au Gabon. Ce texte fondamental définit les règles d’organisation du scrutin, le rôle des représentants des travailleurs dans le maintien de la paix sociale, ainsi que la structuration du processus électoral. Or, selon la fédération, plusieurs de ces dispositions n’ont pas été respectées.

Quelques membres de la FETRAG
Dans une déclaration ferme, Jocelyn Louis Ngoma a dénoncé une rupture grave dans la chaîne de gestion électorale :
«En se limitant à des interventions partielles, parfois inexistantes, la commission électorale a rompu cette chaîne. L’absence de structuration des données électorales, le défaut de remontée d’informations crédibles, ainsi que la carence dans l’appui technique et la décision ministérielle ont neutralisé l’ensemble des mécanismes d’aide à la décision. Ce manquement constitue un fondement sérieux d’annulation du scrutin. »
Parmi les principales incohérences relevées, la FETRAG cite :
l’absence d’un organe opérationnel fonctionnel dans le processus électoral ;
un déficit de coordination nationale ;
un processus livré à lui-même ;
une fragmentation révélatrice d’un échec global.
Sur le terrain, la situation apparaît contrastée. Dans le secteur privé, certaines entreprises ont réussi à mener à terme leurs élections, mais ces cas restent marginaux. Pour la FETRAG, ces réussites isolées ne reflètent pas l’efficacité d’un dispositif institutionnel, mais plutôt des initiatives individuelles d’employeurs.
En revanche, dans le secteur public, le constat est encore plus alarmant. La fédération évoque une absence totale de maîtrise du processus, un manque criant d’accompagnement technique et une impréparation générale face à un scrutin pourtant crucial pour la représentation des travailleurs.
Face à cette situation, la FETRAG appelle à une prise de responsabilité urgente des autorités compétentes afin de restaurer la crédibilité du processus électoral et garantir des élections transparentes, équitables et conformes aux textes en vigueur.

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