Le Premier ministre n’a pas pris l’engagement de payer les victimes de BR-SARL

 Le Premier ministre n’a pas pris l’engagement de payer les victimes de BR-SARL

Autour de l’affaire BR-SARL, les incompréhensions ne cessent de se multiplier, les amalgames entretenus, les informations torpillées, au point de semer la confusion chez les malheureux épargnants de cette défunte société de microfinance. Face à ce flou total rendu malencontreusement possible par certains médias et autres, le président du Congrés des agents publics, parapublics et privés de l’Etat (CAPPE), Emmanuel Mve Mba, a tenu à clarifier auprès de notre Rédaction la démarche que l’organisation syndicale dont il a la charge suit depuis qu’elle est sur le dossier BR-SARL. Nous vous proposons in extenso les tournures de cet entretien. Lecture !

Monsieur le président, le CAPPE est sur le dossier des abusés de la jadis société de microfinance BR-SARL. Qu’est-ce qui a attiré votre attention sur ce dossier ?

Je remercie votre organe de presse pour cet entretien. C’est le Collectif des épargnants de BR-SARL qui a saisi le CAPPE aux fins de défendre leurs intérêts, parce que escroqués par le promoteur BR-SARL en complicité avec l’Etat gabonais. Ils sont venus vers nous, en tant que défenseurs des droits humains, dans l’optique de présenter ce dossier à l’international, constatant malheureusement qu’ils ont tenté maintes fois au niveau du Tribunal de 1ère instance de Libreville sans suite. Le dossier a toujours été non classé. Et nous avons pensé que, dans un premier temps, les camarades avaient refusé ce dossier au regard de sa complexité. Et, objectivement, nous nous sommes engagés jusqu’alors dans la gestion de ce dossier, même si nous rencontrons quelques difficultés.

Tout comme lors de l’assemblée générale conjuguée du CAPPE et du Collectif des épargnants du 13 février dernier, vous accusez l’Etat gabonais d’avoir développé une sorte d’escroquerie envers ses populations. A partir de quel(s) élément(s) établissez-vous la complicité de l’Etat dans cette affaire ?

Pourquoi nous accusons l’Etat ? Nous sommes allez à Génève, pour porter plainte à l’Etat, pas au promoteur de BR-SARL ; parce que nous avons constaté l’effectivité de l’implication de l’Etat dans ce dossier : l’Etat est véritablement impliqué. Nous avons ici le rapport du cabinet de Me Mvoumbou, qui vient démontrer que c’est le gouvernement, via le ministère en charge de l’Economie, en 2015, qui avait liquidé BR-SARL. Et ça démontre à suffisance que c’est l’Etat qui est impliqué, que c’est l’Etat qui a presque escroqué ses populations. Aujourd’hui, M. Mapakou vit entre la France et la Côte d’Ivoire, et l’Etat est pleinement informé ; l’Etat a tous les moyens, connaissant le niveau du renseignement gabonais, que Mapakou, ce jour il est à Abidjan, ce jour il est à Paris. Et à l’aide d’Interpole, on aurait dû l’arrêter, mais on ne le fait pas. Ce qui montre qu’il y’a des lourdeurs dans la gestion de cette affaire. Et il nous faut préciser qu’il s’agit d’une affaire de 75 milliards. Imaginez un seul instant que moi Mve Mba, par exemple, je detienne une telle somme : donc je vais prendre les contenainers pour la transporter. Comment Mapakou a-t-il fait pour emporter avec lui un tel montant ? Ce qui veut dire qu’il y’a eu une autorisation expresse, sachant très bien qu’il y’a des restrictions en matières de transfert ou de sortie d’une telle somme. Ce qui veut dire qu’il y’a eu des complices au plus haut niveau de l’Etat. C’est pouquoi nous accusons l’Etat.

Est-ce que vous pensez concrètement que cette démarche peut aboutir face à l’Etat déjà soupçonné ?

Ecoutez ! S’il y’a un Etat, c’est parce qu’il y’a une population ; s’il y’a un gouvernement, c’est parce qu’il y’a un peuple pour qui il gouverne. Et nous pensons objectivement que l’Etat devrait se saisir de ce dossier, mieux que nous organisation syndicale ; parce qu’il s’agit de 18 mille personnes, sinon 18 mille familles. 18 mille familles, ça fait 2 villes gabonaises à part entière. Donc, on ne peut pas néglier cela, parce que certaines personnes, certains Gabonais auraient escroqué, et les populations, et l’Etat. Maintenant, est-ce que l’Etat pourrait en même temps être accusé et régulariser cette situation ? Nous disons : oui ! Nous pourrons croire que l’Etat peut se tromper, vis-à-vis de ses populations, vis-à-vis de son peuple, et donc peut parvenir à régulariser la situation. Et c’est pourquoi, de notre retour de Génève, nous avons entrepris un certain nombre de démarches à l’endroit du ministère de la Justice, parce que le Tribunal International du Commerce de Génève a demandé un document qui atteste que le Tribunal gabonais n’a pas voulu instruire ce dossier. Et du Tribunal de Libreville, nous n’avons reçu aucun document. C’est seulement le ministère de la Justice, après l’avoir saisi, qui a mis à notre disposition deux techniciens avec qui nous avons commencé à travailler, mais qui ont par la suite disparu dans la

nature. Nous avons cherché à rencontrer le ministre de l’Economie, mais il n’a pas voulu nous recevoir. Nous avons écrit au ministre en charge de l’Interieur, parce qu’il s’agit des populations, jusqu’à ce jour, ça reste sans suite. C’est ce qui nous a amené à solliciter l’audience auprès du Chef du gouvernement, qui a bien voulu nous recevoir. Le Premier ministre nous a reçu et nous a demandé un document qui atteste l’implication de l’Etat dans ce dossier, parce que n’ayant pas une bonne lisibilité de ce dossier, vu qu’il n’était pas encore au gouvernement au moment de l’éclatement de l’affaire BR-SARL. Nous avons fourni au Premier ministre la fiche circuit, le promoteur BR-SARL ne disposant pas d’agrément. Et nous nous sommes rendus compte qu’il y’avait plusieurs mains noires derrière, dont nous avons déjà quelques noms. C’est pourquoi, dès le lundi 17 février prochain, nous allons saisir le procureur de la République dans le cadre de l’ ‘’opération Scorpion’’, pour que ceux qui sont derrière cette affaire soient poursuivis.

Monsieur le président, en suivant l’élément relatif à votre dernière AG dans une chaine de télévision locale, il a été dit que le Premier ministre a désormais pris l’engagement de payer leur dû aux victimes de BR-SARL. Est-ce à dire que le dossier a finalement trouvé son épilogue ?

Le CAPPE s’inscrit en faux face à cet argumentaire de Gabon 1ère. Nous avons tenu notre assemblée générale le mercredi 13 février dernier, et nous avons fait la restitution des différentes démarches entreprises, de Génève à ce jour. Nous avons restitué aux épargnants les différentes rencontres avec le Chef du gouvernement sur cette question. Le Chef du gouvernement attend, jusqu’à ce jour, la production des éléments palpables qui impliquent l’Etat dans ce dossier. Il n’a jamais été question pour le Chef du gouvernement de dire « je vais payer », il est encore dans l’instruction, en attendant un éventuel Conseil des ministres où il pourrait soumettre ce problème. La presse fait certes son travail, mais le Premier ministre n’a jamais pris l’engagement de payer les victimes de BR-SARL. Et nous constatons même que depuis que cet élément est passé, nous voyons les épargnants venir donner leurs noms et leurs montants. Et pourtant les épargnants eux-mêmes ont leur bureau, et c’est ce bureau qui recense tout le monde. Nous, nous ne sommes là que pour faire en sorte qu’ils soient payés. Mais, pour l’instant, nous ne sommes pas encore là : nous sommes dans l’investigation, nous sommes dans la production des éléments. Et nous voulons remercier ici le Premier ministre qui nous a ouvert ses portes à deux reprises, et qui va encore nous les ouvrir, parce qu’il attendait ce dossier, ardûment constitué à partir des éléments que Me Mvoumbou, que nous avons saisi, nous a fournis. Donc, à partir de lundi, nous repartirons vers le Premier ministre pour lui déposer l’ensemble des éléments qu’il attendait.

Vous comptez introduire, dès lundi, auprès du procureur de la République ce dossier dans le cadre de l’‘’opération Scorpion’’. Croyez-vous vraiment à l’aboutissement effectif de ce dossier ?

Si ça n’aboutit pas, la justice aura échoué ; parce qu’ils ont là un élément sérieux, qui va faire la démonstration de l’indépendance de la justice dont ils clament le plus souvent. Et nous, nous apportons les preuves d’un dossier concret et complet, qui implique les hauts dignitaires de l’Etat qui appauvrissent une bonne frange de la population gabonaise : 18 mille familles. Que la justice fasse tout simplement son travail ! Rappelez-vous que le Chef de l’Etat a intruit le Premier ministre à ce qu’il y’ait ce qu’on appelle la bonne gouvernance. Et la bonne gouvernance ne se limite pas qu’à ceux qui ont détourné 85 milliards. La bonne gouvernance aussi, c’est de dire qu’une société a été créée, on ne sait par qui, mais qui a quand même eu l’autorisation de création par l’Etat gabonais, via le ministère de l’Economie, et qui a aussi été liquidé les 06 et 07 octobre 2015 par ce même ministère de l’Economie qui, malheureusement et paradoxalement, dit aujourd’hui n’avoir jamais livré d’agrément à BR-SARL. Vous comprennez bien qu’il y’a un flou juridique à ce niveau. C’est pour cette raison que nous allons partir vers le procureur de la République pour qu’il se saisisse de ce dossier. Mais cela ne vaudrait pas dire que nous suspendons notre plainte de Génève : nous allons suivre les deux plaintes, afin de rétablir la vérité, rétablir le droit à ceux qui ont épargné leur argent, car ils n’ont pas volé cet argent. Il y’a eu des dislocations des mariages ; il y’a eu des morts ; il y’a eu le rapatriement des étudiants ; il y’a eu des projets qui n’ont pas aboutis. C’est du mal que ces gens ont fait aux Gabonais.

Monsieur le président, nous sommes arrivés au terme de notre entretien. Votre mot de la fin.

Permettez-moi encore de remercier votre rédaction. Alors, comme mot de la fin, je fonde mon espoir et celui du CAPPE sur la vision actuelle du Premier ministre, Chef du gouvernement, qui nous demande la production des éléments clés, pour qu’il se saisissse du dossier. Aussi, je voudrais rassurer les épargnents, de garder patience, car c’est un dossier lourd : 75 milliards, ce n’est pas 75 francs FCFA. Nous sommes toujours en négociation, et nous demandons à ce que les gens continuent à venir se faire inscrire au bureau de leur Collectif. En revanche, nous voulons demander au gouvernement gabonais de nous faciliter l’examen de ce dossier, parce que aujourd’hui nous constatons que certains camarades sont menacés ici et là, directement ou indirectement, du fait de s’être engagés à faire entendre et aboutir ce dossier. Si nous voulons moderniser notre République, il faut le faire avec objectivité et légalité. Nous savons que le ministère de l’Economie et beaucoup de dignitaires de la République sont impliqués dans ce dossier. Nous sollicitons l’appui du Premier ministre, afin que nous puissions avoir une bonne lisibilité de ce dossier. Nous demandons à ce qu’il nous aide pour que les coupables soient poursuivis, et qu’à la fin chacun puisse trouver son compte.

Propos recueillis par François Adzui Nguere

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François Adzui Nguere

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2 Commentaires

  • Moi je suis une victime, et aujourd’hui je n’arrive plus à envoyer mon enfant a l’étranger Alors que j’avais épargné pour lui. Si le gouvernement rembourse la population qui a tellement crié a un Dieu, il est fort probable qu’Ali va guérir, je suis sûr que la maladie du président est dû à ce qu’il a fait, en prenant l’argent des makayas que nous sommes, la main de Dieu le frappe et va cesser quand il va décider de rembourser.il en est ainsi pour ceux qui ont mangé avec lui , leurs tours arrive et cela va jusqu’au génération, il ya des hommes qui ont perdu leur vie, des projets bousillé, les économies au sol, ces gens ont crié, et Dieu de Jésus a entendu notre cri, rendez nous ce qui nous revient de droit, vous pouvez garder vos soit disant intérêt, mais rendez nous notre argent fruits de nos économies à la souffrance de notre front, sinon le sort va s’étendre .

    • Nous souhaitons que cela puisse être résolu

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