Pré-collecte des ordures à Libreville : promesses enterrées, colère des acteurs du terrain

Les rues de Libreville continuent de crouler sous les ordures pendant que les promesses de réforme s’accumulent sans le moindre effet. Le Syndicat national des pré-collecteurs du Gabon (SYNAPG), conduit par son directeur général, Rolly Ondo Mbegha, (société ROM+SERVICES), tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme face à l’inertie des autorités.

 

Une promesse de changement transformée en impasse administrative

Depuis plusieurs mois, le SYNAPG tente de mettre en œuvre un projet structurant de pré-collecte des ordures ménagères dans le Grand Libreville. Un plan réaliste, chiffré, et déjà adressé au Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.
Mais sur le terrain, c’est le blocage total : ni validation officielle, ni accompagnement, ni réponse concrète.

« Nous avons soumis un projet viable, prêt à créer des emplois et à nettoyer la ville. Aujourd’hui, tout est à l’arrêt, comme si la saleté devait rester notre décor permanent », déplore un membre du syndicat.

 

Des ordures qui deviennent un symbole d’abandon

Pendant ce temps, les tas de déchets s’accumulent dans les quartiers périphériques : Akébé, Nzeng-Ayong, PK12, et même en plein centre-ville. Les acteurs de la précollecte, pourtant en première ligne, travaillent souvent sans moyens, ni rémunération stable. Leur constat est amer : les discours sur la propreté et la “Nouvelle République” se heurtent à une réalité d’immobilisme.

 

Une filière négligée, des emplois sacrifiés

Derrière la crise sanitaire se cache aussi une crise sociale. Des centaines de petits précollecteurs vivent dans l’incertitude, faute de contrats formalisés et de soutien logistique.

Selon le SYNAPG, le secteur pourrait pourtant générer des centaines d’emplois directs, améliorer la salubrité et soulager les communes de Libreville, Owendo et Akanda.

« Le gouvernement parle de patriotisme économique, mais comment l’appliquer si on laisse mourir les acteurs locaux ? », s’indigne Rolly Ondo Mbegha.

 

Libreville mérite mieux.
La capitale gabonaise ne peut plus être le miroir d’un échec collectif en matière de gestion des déchets. Les acteurs de terrain attendent des actes, pas des promesses.
Sans un sursaut politique, la pré-collecte risque de rester ce qu’elle est aujourd’hui : le maillon faible d’un système à bout de souffle.

 

J. D

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