Figure marquante du sport gabonais, administrateur respecté et homme politique engagé, Robert Tchoreret a laissé une empreinte indélébile dans l’histoire du Gabon. Plus de quarante ans après sa disparition, son parcours continue d’inspirer. Son fils, Marcel Robert Tchoreret, revient sur l’héritage d’un homme qui a fait du service à la nation une véritable vocation.
Né le 6 avril 1923 à Libreville, Robert Tchoreret appartient à cette génération de bâtisseurs qui ont accompagné les premières heures du développement du Gabon moderne. Formé à l’école Mont-Fort, il entame très tôt une carrière administrative qui le conduira à servir l’État dans plusieurs provinces du pays. Mais c’est surtout dans le domaine sportif qu’il se fera connaître et apprécier.
Passionné de football, il fonde en 1943 le Red Star Amical Club de Libreville, une association sportive qui jouera un rôle important dans l’encadrement de la jeunesse gabonaise. Pendant près de vingt ans, il en assure la présidence, convaincu que le sport constitue un puissant levier d’éducation et de cohésion sociale.

L’équipe de Red Star Amical Club devenu plus tard Réal de Libreville, avec Robert Tchoreret debout à droite en costume
Pour son fils Marcel Robert Tchoreret, cet engagement n’avait rien d’un hasard.
« Mon père considérait le football comme une école de la vie. Pour lui, le sport permettait d’inculquer aux jeunes la discipline, le respect des règles et l’esprit d’équipe. Il croyait profondément au rôle éducatif du football », confie-t-il.
Cette vision lui vaut une reconnaissance qui dépasse les frontières du Gabon. En 1958, il reçoit la Médaille d’or de la Fédération Française de Football pour son dévouement et les services rendus à l’éducation physique et aux sports.
Toujours animé par le désir de perfectionner ses connaissances, Robert Tchoreret suit en 1961 un stage de perfectionnement à l’Institut National des Sports de Paris. À son retour, il met son expertise au service du football national en occupant notamment les fonctions de président de la Commission des arbitres de la Ligue de football de l’Estuaire.
« Il aimait transmettre ce qu’il apprenait. Chaque nouvelle expérience était pour lui une occasion d’aider les autres à progresser. Il estimait que la connaissance devait être partagée », souligne son fils.

Marcel Robert Tchoreret, fils de Robert Tchoreret
L’action de Robert Tchoreret ne se limite toutefois pas à Libreville. Affecté comme sous-préfet à Mouila, Tchibanga et Ndéndé entre 1962 et 1965, il continue à consacrer une partie de son temps libre à l’encadrement des jeunes footballeurs. Plusieurs équipes locales bénéficieront ainsi de son expérience et de ses conseils.
Partout où il passe, l’homme laisse le souvenir d’un responsable proche des populations et profondément attaché à la jeunesse.
« Il ne faisait aucune différence entre les jeunes de la capitale et ceux de l’intérieur du pays. Il pensait que chacun méritait les mêmes opportunités de réussite », témoigne Marcel Robert Tchoreret.
En 1966, il devient entraîneur du Réal de Libreville, futur Aigle Royal. Son engagement constant dans le développement du sport gabonais lui ouvre également les portes des instances dirigeantes. Il siège à la Commission d’Homologation et de Discipline de la Ligue de football de l’Estuaire avant d’occuper le poste de vice-président du Comité Olympique du Gabon de 1976 à 1980.
Parallèlement à son parcours sportif, Robert Tchoreret poursuit une brillante carrière administrative. Secrétaire du chef de département de la Ngounié, comptable à la Direction régionale des échanges commerciaux et du ravitaillement puis à la Direction des finances, il accède ensuite aux fonctions de sous-préfet dans plusieurs localités du pays, notamment à Koula-Moutou, Ndjolé et Lambaréné.
Son engagement pour la nation s’exprime également sur le terrain politique. Élu député de l’Estuaire à l’Assemblée nationale entre 1972 et 1974, il participe à la vie publique du pays avec le même sens du devoir qui a caractérisé toute son existence.
Pour l’ensemble de son œuvre, Robert Tchoreret reçoit plusieurs distinctions honorifiques, parmi lesquelles celles de Chevalier de l’Ordre National de l’Étoile Équatoriale et de Grand Chevalier de l’Ordre National du Mérite.
Le 14 mai 1980, alors qu’il séjourne à Lomé pendant ses congés, il s’éteint à l’âge de 57 ans. Mais son héritage demeure vivant.
« Au-delà de ses fonctions et de ses distinctions, je retiens surtout les valeurs qu’il nous a transmises : le travail, l’humilité, le sens du service et l’amour du pays. C’est cela son plus grand héritage », conclut Marcel Robert Tchoreret.

Robert TCHORERET posant avec sa petite famille
Plus de quatre décennies après sa disparition, Robert Tchoreret reste une référence dans l’histoire du sport gabonais et de l’administration publique. Un homme dont la vie témoigne qu’il est possible de servir son pays avec passion, intégrité et dévouement.
Laurenne MAMBA

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