Covid-19: Les fausses mesures barrières au Gabon

 Covid-19: Les fausses mesures barrières au Gabon

Se laver régulièrement les mains, porter la bavette dans les lieux publics, ne pas se serrer les mains, observer la distanciation sociale ou physique et autres, sont autant de mesures barrières recommandées par l’Organisation mondiale de la santé et édictées par les Etats à travers le monde, pour se prémunir contre la Covid-19. Malheureusement, au Gabon, l’observation de ces mesures pourtant salvatrices suscite aujourd’hui plusieurs interrogations, tout en laissant l’observateur local dans un doute sceptique, au regard de ce que l’on pourra désormais qualifier de fausse sincérité, qui laisserait penser que tout le monde fait semblant.  

 

Cette crise sanitaire généralisée qui dure déjà pratiquement plus d’un an (31 décembre 2020-janvier 2021), si tant est qu’elle ne cesse de faire de victimes à travers le monde, devient néanmoins un instrument népotiste et même politique d’envergure dans certains Etats du monde, mais particulièrement en Afrique. Cela semble le cas au Gabon, où la question des mesures ou gestes barrières devient presqu’une fantaisie sociale.

En effet, dans ce pays du centre ouest d’Afrique, bien que depuis mars 2020, les autorités gouvernantes ont pris nombre de décisions en faveur des populations pour freiner la propagation vertigineuse de la pandémie à coronavirus, il a aussitôt été constaté certaines maladresses, incongruités et incohérences en matière de riposte à cette maladie qui ne cesse d’endeuiller les familles.

Ces derniers temps, force est de constater, comme pour le déplorer, que les autorités qui demandent à respecter les mesures barrières semblent être les premiers à les violer, soit directement, soit indirectement, et que leurs décisions sont à géométrie variables. Par exemple, le gouvernement recommande aux églises de pratiquer le culte avec pas plus de 30 personnes par messe de 45 minutes et de payer la dîme via un moyen de paiement électronique, alors que les marchés sont depuis lors surpeuplés, sans respect des mesures édictées et où le paiement se fait à la main, donc par contact physique.

Autre chose, les motels sont fermés et les hôtels ouverts, alors que ces deux lieux sont les endroits où principalement l’on se restaure et se repose. Alors pourquoi déshabiller Paul pour habiller Pierre ? Paul serait peut-être de l’acabit des gouvernés et Pierre de celui des gouvernants.  Allons-y comprendre !

Pire encore, aujourd’hui la bavette semble ne plus servir de gadget de protection, comme beaucoup de Gabonais le pensent désormais, mais un laissez-passer face aux agents des forces de l’ordre et de sécurité qui, eux-mêmes, dans leur majorité, ont fait le choix de ne pas la porter, parce qu’ils estimeraient être immunisés contre  la maladie.

Tout dernièrement, notre équipe de reportage, en passant près d’une institution publique quelque part dans la capitale gabonaise, il a été malheureusement constaté que les mesures barrières en question sont un véritable parent pauvre durant cette macabre et lugubre saison Covid-19.

Certes, le ministre de la santé monte au créneau ces derniers jours concernant un certain relâchement qui, selon lui, pourrait voir  le Gabon durcir à nouveau le ton de la riposte, ramenant, entre autres, le couvre-feu de 20h à 6h du matin.

Mais, tout compte fait, ces mesures semblent ne plus être d’une importance vitale, vu que certains se serviraient d’elles pour asseoir leur ruse,  leur manipulation des consciences, leur basse besogne, quand d’autres ne font que faire semblant de les respecter. Dès lors, nous sommes tentés de dire qu’actuellement au Gabon, les mesures barrières ne sont devenues que de fausses mesures barrières.

Si tant est que le coronavirus est une véritable menace pour notre pays, soyons donc tous responsables et honnêtes les uns vis-à-vis des autres !

 

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François Adzui Nguere

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