Conflit foncier à Akanda : la famille dépossédée sollicite l’intervention d’Oligui Nguema

Les conflits fonciers en République gabonaise continuent de faire des vagues. Et les familles dépossédées se comptent par milliers. On ne comprend pas que des gens qui sont établis quelque part depuis plus d’une trentaine d’années soient chassés par des SCI, sans ménagement, sur des parcelles ancestrales. C’est à ne rien comprendre. Mais là, la dernière famille qui vient de faire les frais n’est autre que celle de Nicolas Mogomo Mba, dans le hameau de Nzobe-Oyock, dans la ville d’Akanda, au lieu-dit 1er campement. Une fumeuse SCI, Léo Kartagene, a juré déposséder ces compatriotes de leur terre.

La patronne de cette SCI, Nadine Ongaye, ne veut rien entendre. Elle a tellement jeté son dévolu sur la terre d’autrui, qu’elle pense être ointe pour s’en accaparer la chose d’autrui. C’est à ne rien comprendre. Une SCI qui prend tout son courage pour venir s’arroger les terres ancestrales d’une famille. Les pauvres terres qui, avant, étaient de 40 hectares, sont désormais devenues à 10 hectares, depuis 2018, quand la SCI Léo Kartagene a juré s’en accaparer.

 

Une situation qui ne peut laisser les parents ainsi dépouillés. À preuve, le mercredi 7 août, le chef de famille, Nicole Mogonma Mba, a fait une déclaration pour dévoiler toutes les manigances utilisées par cette SCI pour « s’acquérir de manière frauduleuse de nos terres. Nous sommes installés ici depuis plus de trois décennies ». Et nous n’avons jamais attendu de parler de Mme Ongaye sur nos terres. Se rapprochant de moi, elle avait émis le souhait d’acheter nos terres, a indiqué le patriarche de la famille Mogonma Mba. Avant d’ajouter : « Au lieu de le faire dans les règles de l’art, nous sommes surpris de la voir venir avec des acheteurs, à qui elle souligne qu’elle serait la propriétaire des lieux ». Mieux, que Mme Ongaye « serait détentrice d’un titre foncier de ces terres », qu’elle n’a jamais brandi. Où a-t-elle obtenu ce titre foncier, nul ne le sait.

 

Devant donc ce trouble manifeste et surtout l’entêtement de la SCI Léo Kartagene qui ne se gêne même pas de proposer de vendre des parcelles de ce terrain aux « expatriés », la famille spoliée, qui refuse de se laisser faire, appelle à l’intervention du président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, en ces termes :  « Le 30 août dernier, lors de votre prise de pouvoir, vous avez reconnu que le foncier est un problème dans notre pays et Monsieur le Président, nous pleurons dans notre pays. Si on nous arrache nos terres, où allons-nous partir? »
Gageons que le message est passé.

 

 

Kevin Aymard Lelengui

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